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lundi 5 juillet 2021

Hôtel Ferret, 80, Avenue Carnot, Bordeaux - 1910 et maison Paul Duten, 51 rue Carnot - 1913 - Architecte : Pierre Ferret -

Hôtel Ferret

Mon article précédent, à fait que tout naturellement, je décide d'écrire sur cet Hôtel particulier bordelais que j'ai pu découvrir lors de ma visite de la ville il y a deux ans.

J'ai vraiment beaucoup aimé ce bel immeuble d'angle, juste en face du Parc Bordelais dont la majestueuse marquise, visible de fort loin, recouvre la porte d'entrée en fer forgé œuvre d'Edgar Brandt, ornée des mêmes pommes pins que celle de l'Ambassade de France à Bruxelles. Ce motif se retrouve sur toutes les ferronneries de l'édifice, pour chacune des ouvertures ainsi que pour le numéro de la porte d'entrée (mais qui pourrait être bien plus récent).

Ferret est également l'architecte de Hôtel Frugès à Bordeaux, où il a travaillé avec Edgar Brandt et les céramistes Gentil & Bourdet. 






Du point de l'architecture, ici il s'agit d'un style Art Nouveau géométrique annonciateur de l'Art Déco. L'immeuble est construit sur un terrain triangulaire. Il comporte trois niveaux, avec la porte d'entrée du côté rue Carnot et la pointe du triangle vers la très cotée rue Bocage. Sa façade est réalisée en brique ocre jaune, avec les entourages des ouvertures soulignés par de la pierre taillée blanche. Les fenêtres sont arquées, l'angle de l'édifice est souligné au troisième étage par une belle loggia et se termine par une remarquable terrasse sur le toit. 



Il s'agit de la première œuvre de l'architecte dont il a fait son habitation et atelier. Il en a également dessiné l'intérieur, éclectique, où se mélangent, d'après l'article du magazine Le Festin, de la verrerie Daum à des éléments style Louis XIII ou XV. 

Maison de Paul Duten

Ici, place à l'Art Déco ! 
Tout l'édifice est intéressant, mais tout particulièrement la porte avec le pourtour en pierre blanche sculptée de grappes de raisin et de feuilles de chêne, ainsi que de petits motifs géométriques et surtout les ferronneries avec le motif en spirales si propre de l'Art Déco, repris sur le auvent qui fait office de marquise (aujourd'hui absente, probablement en rénovation)


La fenêtre qui s'ouvre sur son côté ressemble, au niveau de la forme, à celle de l'Hôtel Ferret, mais ici les ferronneries continuent à reprendre la motif à spirales qui se retrouve également sur la rambarde du balcon à l'étage.


dimanche 4 juillet 2021

Ambassade de France à Bruxelles, Rue Ducale 65, 1000 Bruxelles - architecte Georges Chedanne - 1911

J'ai participé, début juin, à des visites de "petites maisons Art Nouveau" (tiny House), dans le cadre du BANAD, à Bruxelles. En me rendant, à pied, vers l'une d'entre elles, le hasard m'a porté devant cet édifice. De loin, bien qu'il soit massif et rectangulaire, certains éléments m'ont semblé appartenir à l'Art Nouveau. 

Mon attention s'est portée rapidement sur les ferronneries qui m'ont paru très familières et m'ont immédiatement rappelé celles vues à l'Hôtel Ferret, au 80, avenue Carnot à Bordeaux. Recherches faites, j'avais raison, il s'agit dans les deux cas de ferronneries d'Edgar Brandt: "Il est un des premiers à utiliser le chalumeau oxyacéthy-lénique, repoussé alors par tous les forgerons. Il emploie plusieurs ouvriers et s’agrandit en 1908. Après la commande de la porte d’entrée de l’ambassade de France à Bruxelles (Arch : Chedanne) en 1911, il obtient celle de la rampe du pavillon Mollien au musée du Louvre en 1914." in "LA   FERRONNERIE dans l’architecture à  Paris aux XIXe et XXe siècles de Bernard Marrey, p. 93. Pour Bordeaux, j'ai trouvé la référence dans la revue Le Festin n°55 qui a publié un article sur l'Art Nouveau (aujourd'hui trouvable uniquement en PDF), p 36: "Seule la ferronnerie, attribué au parisien Edgar Brandt, propose un décor de pommes de pin." 

                                             Bruxelles                                                 Bordeaux

Un moment, j'ai pensé qu'il aurait pu s'agir du même architecte. Mais, ce n'est pas le cas. La construction bordelaise est de Pierre Ferret et l'Ambassade de France à Bruxelles est l'œuvre de Georges Chedanne. Le même qui serait l'auteur de l'Immeuble Industriel rue Réaumur à Paris, même s'il subsiste certains doutes, ainsi que, pour citer les plus connus à Paris, le premier immeuble des Galeries Lafayette, l'Hôtel Mercédès,  L'Élysée Palace Hôtel et, à Vienne, une autre Ambassade de France. 
Né en 1861, il a été élève des Beaux Art de Paris et Prix de Roma en 1891. Il installe son cabinet d'architecte à Paris. Son style est éclectique, avec des éléments Art Nouveau et d'autres plus classiques. C'est le cas des motifs sculptés de l'Ambassade de France avec des représentations allégoriques de la devise "Liberté, Egalité, Fraternité", symbolisés par des figures humaines très réalistes, notamment masculines. 
Je n'ai pas trouvé qui est ou qui sont les auteurs de ces sculptures, mais il pourrait s'agir d'Henri Bouchard, qui a fréquenté comme Chedanne l'Académie Julian de l'École des Beaux Arts, également prix de Rome en 1901, qui a résidé en Belgique et a collaboré avec l'architecte notamment pour ces maquettes de l'Arc de Triomphe. A moins que ce ne soit un ou plusieurs des nombreux sculpteurs qui ont également travaillé avec lui.




Les éléments plus directement Art Nouveau, sont les sculptures de feuilles de chêne ainsi que les ferronneries de la porte d'entrée et des fenêtres du rez-de-chaussée avec les motifs de pomme de pin. 

dimanche 23 juin 2019

222, rue Judaïque, Bordeaux - architecte Fernand Benazet, sculpteur N. Bertrand - 1905

Il y a 7 ans, je publiais un petit article sur un immeuble de Libourne, que j'avais découvert par hasard, grâce à une amie, à qui je rendais visite. A l'époque, mon collègue de blog et maintenant ami, Valenti Pons Toujouse, m'avait indiqué qu'il existait un bâtiment jumeau à Bordeaux. J'ai également, appris, depuis, qu'il s'agissait d'une construction fortement inspirée de l'hôtel particulier d'Yvette Guilbert au 28 bis boulevard Berthier, Paris 17è, de l'architecte Xavier Schoellkopf. Aujourd'hui disparu.

Libourne - 48, ave. Gallieni
hôtel particulier d'Yvette Guilbert, Paris
 Hier, j'ai passé la journée à Bordeaux, sur les traces de l'Art Nouveau (tout en découvrant au passage de très bels exemples Art Déco) et j'avais prévu me rendre au 222, rue Judaïque, pour voir de visu, cet immeuble. Depuis les photos que j'avais reçues, la façade a dû être ravalée et les détails sont plus visibles. J'ai ainsi pu découvrir la signature de l'architecte et du sculpteur, sur le côté à gauche de
l'ornementation au-dessus de la porte d'entrée.

222, rue Judaïque, Bordeau
Signature architecte Fernand Benazet, sculpteur N. Bertrand
Bordeaux
Haut de la porte avec la signature sur la gauche



Du coup, je me suis demandé si j'avais vraiment bien regardé la façade de l'immeuble de Libourne, où il ne me semblait pas avoir vu de signature (mais à l'époque, je commençais mes "paseos", j'avais un peu moins "l'oeil"). Je suis retournée voir mes photos en les agrandissant, et j'ai découvert une signature à gauche de la porte également mais, à ma grande surprise, pas du même architecte ! Il est possible de lire G. Fargue, architecte et peut-être Vincent en dssous (sculpteur? Entrepreneur?).

Signature Fargue - Libourne

En tout cas, nous avons là, deux immeubles très ressemblants, tous deux inspirés de celui créé par Xavier Schoellkopf, pour Yvette Guilbert, mais avec deux différents architectes. Qui a été le premier, qui a copié qui? Mystère ! Il faudrait faire une recherche dans les archives cadastrales pour  avoir, peut-être la réponse. 
Il y a sept ans, je trouvais l'immeuble libournais plus massif, mais en fait c'est tout le contraire, les sculptures qui ornent les façades et les balcons, sont bien plus fines et réalistes à Libourne, qu'à Bordeaux. Là, où dans la petite ville, il y a de beaux Iris, un visage de femme à la chevelure ondulé, nous avons à Bordeaux des lignes beaucoup plus grossières et une stylisation qui cache peut-être une maladresse technique. 

Libourne
Bordeaux

Libourne

Bordeaux











Bordeaux

Libourne

samedi 14 avril 2012

48, avenue Gallieni, Libourne et 222, rue Judaïque, Bordeaux, Gironde

Je reviens d'un petit séjour en Périgord chez une amie. Le jour du retour, en chemin vers la gare de Libourne, son œil a été attiré par une façade (et oui, ma passion est contagieuse!) et j'ai tout de suite confirmé: c'était bien une maison Art Nouveau. Elle a arrêté la voiture, je suis descendue, pris les photos, cherché un nom d'architecte en vain. De retour, j'ai fait des recherches sur le web: aucune info. Pourtant tout y est. Les balcons d'abord, aux lignes courbes qui ont attiré, de loin, le regard de mon amie et qui donnent du mouvement à la façade aux fenêtres un peu trop rectilignes.



Une fois de près, j'ai découvert ce beau visage de femme aux cheveux ondulants, tout à fait dans l'esprit Art Nouveau.




 et les balcons ornés d'iris et d'autres fleurs.




Une belle surprise, alors que je ne m'y attendais pas. J'aime lorsque l'Art Nouveau me fait de tels clins d’œil et me surprend, me rappelant à son bon souvenir.

PS: Grâce au commentaire et à la gentillesse d'un blogueur catalan, auteur de l'ouvrage"Inventario general del modernismo" de Valenti Pons Toujouse, j'ai découvert l'existence d'un immeuble presque identique au 222, rue Judaïque à Bordeaux. Il est l'oeuvre de l'entrepreneur/architecte Fernand Benazet et du sculpteur N. Bertrand. Tous deux inconnus dans le monde de l'Art Nouveau. Mon collègue de blog a eu la grande amabilité de me faire parvenir les deux photos ci-dessous



Cette maison est apparemment identique, sauf qu'avec un disposition inverse des ouvertures. Cependant, en y regardant de plus près, le travail des balcons est différent: ici ils sont ajourés et les décorations végétales ne sont pas les mêmes. Ceux de Libourne sont plus trapus. L'ornementation sur la porte est également différente, avec une céramique bleue pour Bordeaux, portant le numéro de la maison. Reste qu'il est fort probable que ces deux immeubles soient l'oeuvre des mêmes architecte et sculpteur.
Encore merci à Valenti pour ce partage!
Moltes gracies!

UP DATE: Il s'agirait de deux architectes différents, celui de Libourne G. Fargue, a sa signature sur le côté gauche de la porte.


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Regreso de una pequeña estadía en el Perigord donde una amiga. El dia del retorno, de camino a la estación de tren de Libourne, su ojo fue atraído por una fachada (¡si, mi pasión es contagiosa!) y confirmé enseguida: era una casa Art Nouveau. Paró el vehículo, me bajé, tomé fotos y busqué el nombre del arquitecto en vano. De regreso, hice investigaciones en la web: nada. Sin embargo, todo está ahí. Los balcones primero con las lineas curvas que llamaron la atención de lejos a mi amiga y que dan un bello movimiento a la fechada con ventanas quizá demasiado rectilíneas.

Una vez de cerca, descubrí el bello rostro de una mujer con abundante cabellera ondulante, absolutamente en el estilo Art Nouveau y los balcones adornados con iris y otras flores. Un bello descubrimiento cuando menos lo esperaba. Me encanta cuando el Art nouveau me da sorpresa y me recuerda de esta manera.


PD: Gracias al comentario y a la gentileza de un blogueador catalán, autor del libro "Inventario general del modernismo" de Valenti Pons Toujouse, descubrí la existencia de un edificio casi idéntico en el número 222 de la calle Judaique de Burdeos. Es la obra del empresario/arquitecto Fernand Benazet y del escultor N. Bertrand. Los dos desconocidos en el mundo del Art Nouveau.
Mi colega de blog ha tenido la gran amabilidad de confiarme las dos fotos aquí arriba . Esta casa es aparentemente idéntica, salvo con una disposición al revés de las aperturas. Sin embargo, mirando más de cerca, el trabajo de los balcones es diferente: aquí tienen calados en la piedra y las decoraciones vegetales no son las mismas. Los de Libourne son más toscos. La ornamenta arriba de la puerta también es diferente, con una cerámica azul para Burdeos, señalando los números de la casa. Es muy probable que los dos edificios sean la obra del mismo arquitecto y escultor.

Nuevamente gracias Valenti por haber compartido la información.

Moltes gracies!