dimanche 5 août 2018

Nancy, rue Felix Faure, Architecte & Maître d'œuvre: César Pain : 1904-1912


 Hier, ce n'était pas ma première visite à Nancy. J'y suis retournée car je souhaitais tout particulièrement visiter la rue Felix Faure et voir les façades des maisons de César Pain, dont j'avais vu des photos sur le net. Je leur trouvais un étrange air de "déjà-vu", qui me ramenait à certains villas, de Nogent-sur-Marne de Nachbaur et Fils. J'ai un œil photographique qui retient les styles et les détails. J'ai pu ainsi associer déjà certains éléments céramiques (comme pour la céramique de Muller du 40bis rue Villeneuve à Clichy, qui est la copie de celle  l'hôtel Jassédé, construit en 1893 par Guimard, au 41 rue Chardon-Lagache dans le 16e à Paris), et m'interroger, sans réussir à avoir souvent de réponses, sur les céramiques de Gentil & Bourdet, dont je possède le catalogue. Mais, connaissant  ma mémoire photographique et me fiant à mon intuition, je pense que nombre de ces "coïncidences" ne sont pas que le fruit de mon imagination. Ici, rien de bien concret si ce n'est cet air de famille et le fait que j'ai découvert que César Pain est parti s'installer en 1925, à ... Nogent-sur-Marne !
Qu'ont-elles en commun ? Principalement, deux éléments: en premier, qu'il s'agisse de villas de style Normand à Nancy. Dans une ville où l'Art Nouveau, même si décliné par différents architectes, personne n'adopte ce style, ni l'utilisation de la meulière ou de la charpente en bois apparente. Ensuite, le fait que César Pain, signe beaucoup de ses œuvres avec des plaques en céramique, tout comme le font les Nachbaur. Certes, ce ne sont pas les seuls architectes à le faire, à cette époque-là. Il y en a de nombreux exemples, en région parisienne, où j'habite et pour des habitations qui n'ont rien d'Art Nouveau. 
 Nachbaur - Nogent-sur-Marne



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César Pain - Nancy



 



Ce qui reste particulier et propre à César Pain, ce sont les décors peints végétaux qui semblent tomber du toit, pour s'étaler sur le haut des façades et, dans certains, sur la totalité du dernier étage. Et là, bien sûr, comment ne pas évoquer le style Liberty italien, dans lequel ce genre de décors peints sont extrêmement fréquents ?

Un autre rapprochement que j'ai fait, mais après coup, est celui avec des villas de Mers-les-Bains, d'Eduard-Jean Niermans, notamment avec les noms de villes peints au-dessus des portes d'entrée et pour lequel, j'ai pu également trouver des éléments céramiques, semblables, à Rueil-Malmaison ou Courbevoie. 

Niermans - Mers-les-Bains


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César Pain - Nancy
Je suis convaincue qu'un grand travail de recherche serait à faire, sur les liens entre les différents architectes de l'époque, dont beaucoup devaient se connaître, se fréquenter, échanger et emprunter des idées.


samedi 28 juillet 2018

Brasserie La Cigale, 4 Place Graslin, Nantes. architecte-céramiste Émile Libaudière, 1894/85.



Jeudi, j'ai visité Nantes par une chaleur accablante. Arrivée très tôt le matin, par le train, j'ai décidé de prendre mon petit-déjeuner à La Cigale, célèbre brasserie, dont  le nom est dû à l’emblématique insecte qui scande la décoration tel un leitmotiv. Essentiellement décliné dans le décor céramique omniprésent, il se retrouve également reproduit sur les tapisseries (aujourd'hui vieillottes) qui recouvrent les murs de la salle du fond, ainsi qu'en fer, pour la pendule qui se dresse sur le comptoir. 


 


Avant ma visite, j'imaginais le lieu comme assez similaire au niveau de l'ambiance, de la distribution et de la décoration, à la brasserie parisienne Mollard, notamment parce que les faïences proviennent dans les deux cas de la Manufacture de Sarreguemines en Moselle. Ici, les motifs ont été dessinés et peints à l’aquarelle par Libaudière lui-même Cette ressemblance mise à part, je ne m'y suis pas retrouvée. Pas de grande salle, mais une suite de 4 petites salles organisées en forme de L. La décoration, fort éclectique, varie de l'une à l'autre. Les boiseries très présentes, ainsi que les décors en stuc, autrefois dorés et aujourd’hui très ternes, assombrissent le tout.  J'avoue avoir été déçue car, même si très fréquenté par les touristes, j'ai trouvé le lieu sans âme et vieillissant mal. La répétition du motif de La Cigale "à tutu de danseuse", m'a paru très naïf et trop omniprésent.

La première salle, plutôt sombre, qui donne directement sur la place, est recouverte en grande partie de grands miroirs encadrés par un décor assez lourd, fait de boiseries et de stuc. Seules les décorations en céramiques et les vitraux présentent un petit rappel à l'Art Nouveau. Avec quelques représentations en mosaïques où se répète le mot "cicada", c'est à dire, cigale en latin. Au plafond et sur les murs, des peintures sont l'oeuvre d'un artiste local, Georges Levreau et auraient grand besoin d'un rafraîchissement, elles aussi, pour retrouver leurs couleurs d'antan.





La deuxième salle a les murs et le plafond recouverts de peintures, avec quelques éléments céramiques. La porte qui donne sur la troisième salle présente un entourage entièrement recouvert de céramiques, avec un médaillon en plâtre patiné, représentant un visage féminin, que l'on retrouve dans différents points du restaurant, ainsi qu'une représentation de paons, très emblématique de l'Art Nouveau, que se répète plusieurs fois dans l'ensemble de la brasserie.


La salle suivante est celle que j'ai choisie pour m'installer, devant le comptoir où je pouvais observer  la sculpture en plâtre patiné surmontant la porte des cuisines, qui représente Pierrot et Colombine, sur un fond de demi-lune en tesselles de mosaïques dorées, ici aussi fort ternes. L'ensemble est l'oeuvre du sculpteur  Emile Gaucher tout comme la cariatide qui se dresse, incongrue, à leur côté. De ce poste d’observation, j'ai pou également admiré la grande représentation féminine en céramique, ainsi que que l'encadrement de porte, avec son défilé de cigales, s'ouvrant sur la quatrième et dernière salle, et bien d'autres détails en céramique.





La dernière salle, reprend les jeux de miroirs et boiseries de la première. Ses murs sont recouverts de tapisseries dans les tons bruns, forts sombres et vieillot, avec, le motif de la Cigale. Les fenêtres sont surmontées par des vitraux et décorées par un entourage en céramique blanc. 



samedi 21 juillet 2018

Bruxelles, quartier des squares, architecte Gustave Strauven, Maison Van Dyck, 85, boulevard Clovis - 1900 et Maison Saint-Cyr, 11 Square Ambiorix - 1901/03

Chaque séjour à Bruxelles est l’occasion de nouvelles découvertes Art Nouveau. Cette fois-ci, j'avais choisi de visiter un quartier que je ne connaissais pas, notamment pour y découvrir une des premières constructions de Victor Horta. Cependant, aujourd'hui, je vais présenter deux immeubles, forts intéressants et originaux. d'un autre architecte, moins connu, Gustave Strauven, 

Maison Van Dyck

En descendant du bus, rue Clovis, c'est une de ses œuvres qui a immédiatement attiré mon regard: un immeuble de 4 étages, dont la façade est formée par deux travées asymétriques. Celle de gauche, est surmontée par une sorte de tourelle, qui donne un aspect de phare à l'ensemble. Elle est réalisé avec un jeu de briques bicolores.


Les trois étages comportent trois fenêtres, mais différentes, à chaque niveau. Au premier étage, le est composé d'un grand balcon qui repose sur quatre consoles.


Les balcons sont réalisés en fer forgé avec de belles décorations en coup de fouet.


La travée de droite est étrangement rectiligne. Elle ne comporte que deux étages, ainsi que la porte d'entrée. Le deuxième s'ouvre en une loggia avec un garde corps sculpté en pierre bleue.


Maison Saint-Cyr

Encore plus originale que celle de l'édifice précédent, la façade de cette maison est formée d'un entrelacs de fer forgé, réalisé par le maître ferronnier Charles Van Waeyenberghe, qui grimpe tout le long comme des lianes. Cette impression de végétation est accentuée par le fait qu'aujourd'hui toutes les ferronneries sont vertes, mais des photos anciennes montrent que cela n' pas toujours était le cas. Elle a été restaurée il y a une dizaine d'années. 

Réalisée à la demande du peintre Georges de Saint-Cyr pour en faire sa résidence. La prouesse de l'architecte a consisté à créer cet immeuble sur une parcelle d'à peine 4 mètres de large.
Le premier étage, avec l'entrée principale, repose sur un soubassement en pierre blanche, avec une porte latérale, qui soutient un grand perron auquel un escalier permet d'accéder.


La loggia du quatrième étage, qui surplombe le tout, reprend par son ouverture arrondie, une forme que l'on retrouve sur plusieurs autres façades de l'Art Nouveau bruxellois, mais ici son habillage et son couronnement de ferronneries la rend extrêmement singulière.