jeudi 27 septembre 2018

Restauration de l'hôtel Guimard, 122 avenue Mozart, Paris 16e. 1909

L'année de son mariage avec une artiste peintre étasunienne, Adeline Oppenheim, Guimard dépose le permis de construire de cet hôtel particulier, dont il dessinera les plans, les aménagements intérieurs et tout le mobilier. Il en fait son domicile et y installe son atelier, ainsi que celui de sa femme.
Il y vivra, jusqu'à son départ aux États-Unis, en 1938 où il décédera en très peu après, en 1942. Après la guerre, sa veuve revient en France, en 1948 et propose l'hôtel particulier, avec tout son mobilier, ainsi que des archives de son mari à l'État français, dans l'idée d'en faire un musée. Mais l'Art Nouveau ne plait guère en France, à cette époque, et l'Etat refuse le don. Une partie du mobilier est cependant repartie dans trois musées français, dont le Petit Palais (où se trouve la salle à manger). Le reste est vendu aux enchères et racheté, en grande partie, par des collectionneurs américains. L'immeuble est divisé en plusieurs appartements et vendu. 
En 1964, l'édifice est protégé et inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques. Cependant, rien n'est fait pour sa conservation.
La magnifique porte d'entrée a fait l'objet d'une restauration partielle en 2006. 
Voici quelques photos prises lors d'une de mes visites, en 2011.





 La zone où se trouve la signature de Guimard était particulièrement érodée et presque illisible. Ainsi que d'autres zones de l'immeuble dont la pierre était devenue de couleur grisâtre.



Travaillant actuellement dans le quartier, j'ai découvert il y a quelque semaines que l'immeuble était, enfin, en train d'être restauré. J'ai profité du soleil d'aujourd'hui pour faire des photos et j'attends avec hâte de découvrir la façade rénovée.









dimanche 5 août 2018

Nancy, rue Felix Faure, Architecte & Maître d'œuvre: César Pain : 1904-1912


 Hier, ce n'était pas ma première visite à Nancy. J'y suis retournée car je souhaitais tout particulièrement visiter la rue Felix Faure et voir les façades des maisons de César Pain, dont j'avais vu des photos sur le net. Je leur trouvais un étrange air de "déjà-vu", qui me ramenait à certains villas, de Nogent-sur-Marne de Nachbaur et Fils. J'ai un œil photographique qui retient les styles et les détails. J'ai pu ainsi associer déjà certains éléments céramiques (comme pour la céramique de Muller du 40bis rue Villeneuve à Clichy, qui est la copie de celle  l'hôtel Jassédé, construit en 1893 par Guimard, au 41 rue Chardon-Lagache dans le 16e à Paris), et m'interroger, sans réussir à avoir souvent de réponses, sur les céramiques de Gentil & Bourdet, dont je possède le catalogue. Mais, connaissant  ma mémoire photographique et me fiant à mon intuition, je pense que nombre de ces "coïncidences" ne sont pas que le fruit de mon imagination. Ici, rien de bien concret si ce n'est cet air de famille et le fait que j'ai découvert que César Pain est parti s'installer en 1925, à ... Nogent-sur-Marne !
Qu'ont-elles en commun ? Principalement, deux éléments: en premier, qu'il s'agisse de villas de style Normand à Nancy. Dans une ville où l'Art Nouveau, même si décliné par différents architectes, personne n'adopte ce style, ni l'utilisation de la meulière ou de la charpente en bois apparente. Ensuite, le fait que César Pain, signe beaucoup de ses œuvres avec des plaques en céramique, tout comme le font les Nachbaur. Certes, ce ne sont pas les seuls architectes à le faire, à cette époque-là. Il y en a de nombreux exemples, en région parisienne, où j'habite et pour des habitations qui n'ont rien d'Art Nouveau. 
 Nachbaur - Nogent-sur-Marne



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César Pain - Nancy



 



Ce qui reste particulier et propre à César Pain, ce sont les décors peints végétaux qui semblent tomber du toit, pour s'étaler sur le haut des façades et, dans certains, sur la totalité du dernier étage. Et là, bien sûr, comment ne pas évoquer le style Liberty italien, dans lequel ce genre de décors peints sont extrêmement fréquents ?

Un autre rapprochement que j'ai fait, mais après coup, est celui avec des villas de Mers-les-Bains, d'Eduard-Jean Niermans, notamment avec les noms de villes peints au-dessus des portes d'entrée et pour lequel, j'ai pu également trouver des éléments céramiques, semblables, à Rueil-Malmaison ou Courbevoie. 

Niermans - Mers-les-Bains


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César Pain - Nancy
Je suis convaincue qu'un grand travail de recherche serait à faire, sur les liens entre les différents architectes de l'époque, dont beaucoup devaient se connaître, se fréquenter, échanger et emprunter des idées.


samedi 28 juillet 2018

Brasserie La Cigale, 4 Place Graslin, Nantes. architecte-céramiste Émile Libaudière, 1894/85.



Jeudi, j'ai visité Nantes par une chaleur accablante. Arrivée très tôt le matin, par le train, j'ai décidé de prendre mon petit-déjeuner à La Cigale, célèbre brasserie, dont  le nom est dû à l’emblématique insecte qui scande la décoration tel un leitmotiv. Essentiellement décliné dans le décor céramique omniprésent, il se retrouve également reproduit sur les tapisseries (aujourd'hui vieillottes) qui recouvrent les murs de la salle du fond, ainsi qu'en fer, pour la pendule qui se dresse sur le comptoir. 


 


Avant ma visite, j'imaginais le lieu comme assez similaire au niveau de l'ambiance, de la distribution et de la décoration, à la brasserie parisienne Mollard, notamment parce que les faïences proviennent dans les deux cas de la Manufacture de Sarreguemines en Moselle. Ici, les motifs ont été dessinés et peints à l’aquarelle par Libaudière lui-même Cette ressemblance mise à part, je ne m'y suis pas retrouvée. Pas de grande salle, mais une suite de 4 petites salles organisées en forme de L. La décoration, fort éclectique, varie de l'une à l'autre. Les boiseries très présentes, ainsi que les décors en stuc, autrefois dorés et aujourd’hui très ternes, assombrissent le tout.  J'avoue avoir été déçue car, même si très fréquenté par les touristes, j'ai trouvé le lieu sans âme et vieillissant mal. La répétition du motif de La Cigale "à tutu de danseuse", m'a paru très naïf et trop omniprésent.

La première salle, plutôt sombre, qui donne directement sur la place, est recouverte en grande partie de grands miroirs encadrés par un décor assez lourd, fait de boiseries et de stuc. Seules les décorations en céramiques et les vitraux présentent un petit rappel à l'Art Nouveau. Avec quelques représentations en mosaïques où se répète le mot "cicada", c'est à dire, cigale en latin. Au plafond et sur les murs, des peintures sont l'oeuvre d'un artiste local, Georges Levreau et auraient grand besoin d'un rafraîchissement, elles aussi, pour retrouver leurs couleurs d'antan.





La deuxième salle a les murs et le plafond recouverts de peintures, avec quelques éléments céramiques. La porte qui donne sur la troisième salle présente un entourage entièrement recouvert de céramiques, avec un médaillon en plâtre patiné, représentant un visage féminin, que l'on retrouve dans différents points du restaurant, ainsi qu'une représentation de paons, très emblématique de l'Art Nouveau, que se répète plusieurs fois dans l'ensemble de la brasserie.


La salle suivante est celle que j'ai choisie pour m'installer, devant le comptoir où je pouvais observer  la sculpture en plâtre patiné surmontant la porte des cuisines, qui représente Pierrot et Colombine, sur un fond de demi-lune en tesselles de mosaïques dorées, ici aussi fort ternes. L'ensemble est l'oeuvre du sculpteur  Emile Gaucher tout comme la cariatide qui se dresse, incongrue, à leur côté. De ce poste d’observation, j'ai pou également admiré la grande représentation féminine en céramique, ainsi que que l'encadrement de porte, avec son défilé de cigales, s'ouvrant sur la quatrième et dernière salle, et bien d'autres détails en céramique.





La dernière salle, reprend les jeux de miroirs et boiseries de la première. Ses murs sont recouverts de tapisseries dans les tons bruns, forts sombres et vieillot, avec, le motif de la Cigale. Les fenêtres sont surmontées par des vitraux et décorées par un entourage en céramique blanc.