lundi 11 janvier 2021

Maison avec des éléments Art Nouveau. Avenue Lavoisier - Maisons-Laffitte - Yvelines - Architecte Louis Tavernier - 1910

 J'ai eu la chance, juste avant mon départ de la région parisienne, grâce aux nouveaux propriétaires -que je remercie-, de pouvoir visiter l'intérieur de cette villa avec de nombreux éléments Art Nouveau, ainsi que fin XIXe et Art Déco. J'ai pu également avoir accès à des photos anciennes et les photographier. 

Il s'agit d'une maison construite à la fin du 19e siècle (photo de gauche) et agrandie en 1910 (photo de droite) par l'architecte Louis Tavernier. Les travaux ont été faits pour le propriétaire de la maison, le Dr. René Larcher, qui s'était installé à Maisons-Laffitte en 1908. Il a installé sa clinique privée juste à côté de son habitation. Il est donc question d'un ensemble avec au moins deux styles architecturaux et des éléments décoratifs très éclectiques. 

La villa en elle-même est fort peu intéressante. Elle a l'allure d'un grand pavillon de banlieue, de type "chalet", à deux étages, en briques rouges, réhaussé de frises céramiques et de linteaux métalliques, avec une terrasse, ressemblant à d'autres du début du XXe siècle. L'architecte Tavernier en a construit plusieurs dans le même style, à Maisons-Laffitte


Les deux étapes de constructions sont clairement visibles notamment au niveau de la jointure entre elles.


J'ignore si c'est le fait de l'architecte ou du propriétaire de la maison (voire des propriétaires successifs), mais les nombreux éléments décoratifs proviennent de plusieurs ateliers de céramique architecturale de la région, tout comme les radiateurs, les poignets de porte, papiers peints et peintures murales sont l'œuvre de différents artisans ou artistes. L'ensemble abrite également un patio au décor mauresque. Si j'ai pu reconnaitre rapidement certains éléments et les attribuer sans difficultés à des céramistes (car je m'intéresse particulièrement aux céramiques, notamment Gentil et Bourdet), pour la grande majorité, je n'ai aucune idée de leur provenance et je suis preneuse de toute piste que vous pourrez apporter. 

CERAMIQUES:

Cheminées:

A l'étage, il y a deux cheminées intéressantes, de style Art Déco. J'ai rapidement reconnue celle-ci comme étant Gentil & Bourdet, ce qui est confirmé par sa photo dans leur catalogue.




Pour la deuxième, nulle piste.


Frises céramique extérieures:

Dans la partie la plus ancienne,  une frise et des carreaux avec un visage de diablotin, qui pourrait être des ateliers de Creil-Montereau.


Sur la terrasse, deux frises céramiques qu'il m'a semblé pouvoir attribuer à Alexandre Bigot. Ce que j'ai pu confirmer, encore une fois, de retour chez moi.

Le plus rapidement identifiable a été ce motif, utilisé pour encadrer la sommité des fenêtres du dernier étage (dont au moins une a été rebouchée). Il a été également utilisé, de manière bien plus intéressante, comme encadrement de fenêtre de la Villa Majorelle à Nancy (photos du bas)).




La deuxième frise a des éléments décoratifs plus simples, notamment utilisés sur la façade intérieure de l'édifice situé au 31-31bis rue Campagne-Première, à Paris, qui se trouve au 24-27 passage de l'Enfer, où figure la signature de Bigot (photo du bas).



Les céramiques intérieures en grès flammé, situées dans la patio mauresque, me semblent également provenir, des ateliers d'A. Bigot. Sans que j'ai pu en trouver la preuve tangible.







Une photo ancienne nous permet de voir comment était ce patio, il y a un siècle.

Sols: 

Je n'ai pas pu identifier les céramiques utilisées.


Frises céramiques extérieures:

Il s'agit de motif végétaux, représentant des fruits (oranges) dont je n'ai pas pu identifier l'origine. 




FERRONNERIES:

Garde-corps des fenêtres :

Une fois encore, j'ai immédiatement reconnu le motif en bouton de fleurs de pavot, que je connais bien. Lors d'une visite de Nogent-sur-Marne, la guide avait précisé qu'ils étaient œuvre des Nachbaur. Je les ai retrouvé sur différents édifices Art Nouveau.


Poignets de porte:

Elles sont toutes différentes et beaucoup appartiennent sans doute aucun au style Art Nouveau. Mais étant un élément que je connais peu, je n'ai pas pu savoir qui pouvaient en être les créateurs.






Radiateurs :

Ici également, plusieurs provenances sans que je sache les identifier.



Peinture :

Le salon s'ouvre sur un décor peint sur les portes, de Carlo Cherubini, artiste-affichiste italien né en 1897, dont les créations sont nombreuses.

lundi 4 janvier 2021

Avenue Louis Bertrand, Schaerbeek, Bruxelles - architecte Gustave Strauven - 1906

 Gustave Strauven est un architecte Art Nouveau dont je trouve le travail particulièrement intéressant. J'aime surtout l'usage qu'il fait de la ferronnerie d'art. Elève de Victor Horta, il a su donner une identité propre à ses œuvres. Sa réalisation la plus connue est probablement la Maison Saint Cyr sur le Square Ambiorix, dont j'espère pouvoir visiter l'intérieur lors du Banad de cette année (croisons les doigts pour que ce ne soit pas annulé comme l'an dernier, pour cause de pandémie). 

J'ai déjà publié des œuvres de Strauven à Bruxelles (dont la Maison Saint Cyr) et à Tournai. Et il m'en reste plus à publier un jour. Peut-être en mars/avril prochain, si je me rends à Bruxelles.

La commune de Shaerbeek prend de l'importance à partir du début du XIXe siècle avec la destruction des remparts qui la séparaient de la capitale. Sur la commune, Strauven, qui y habitait, a construit pas moins de 33 édifices sur les 57 qu'il a réalisé à Bruxelles. 

Le début du XXe siècle est marqué par la création de nouvelles avenues bourgeoises dont l'avenue Louis Bertrand, conçue comme un axe visant à relier l'église Saint-Servais et le parc Josaphat. Le style des immeubles bordant l'avenue est fortement à tendance éclectique, ce qui fait que les constructions Art Nouveau s'y intègrent parfaitement.


Ancienne Maison Verhaeghe, Avenue Louis Bertrand 43

Il s'agit d'une maison bourgeoise de quatre niveaux à façade asymétrique. Elle présente un mélange de matériaux avec, pour la travée de droite, un rez-de-chaussée en pierre bleue sculptée, qui continue jusqu'au premier étage en se mêlant à des briques beiges. Le troisième et quatrième sont faits de ce  dernier matériau hormis un bow-window en bois. Le balcon de la loggia du dernier étage et la baie vitrée du rez-de-chaussée sont ornée de ferronneries en coup-de-fouet.



La travée de gauche présente une entrée légèrement surélevée, surmontée d'une baie d'imposte avec un vitrail représentant un décor végétal. 


La porte d'entrée en bois, encadrée par de la pierre bleue sculptée, est ornée de ferronneries représentant des tiges végétales.


Le sommet de la travée culmine en une tourelle carrée à dôme.


Avenue Louis Bertrand 53, 55-57, 59-61 et Avenue Louis Bertrand 63-65


Il s'agit d'une série d'immeubles tous réalisés pour un même commanditaire situés de chaque côté de la rue Josaphat. Ce sont des immeubles d'angle à pan coupé qui culmine pour le N° 63-65 par un dôme.


L'immeuble de droite, correspondant aux n°50, est construit en brique rouge et jaune, qui donnent à l'ensemble une couleur orangée, réhaussée par des éléments de pierre bleue. 
La date et le nom de l'architecte sont gravés dans la pierre sous un panneau en céramique peinte. 


Des carreaux de céramiques ornent également les derniers étages de l'immeuble et les ferronneries sont bien plus sages que pour les autres immeubles de l'architecte sur cette avenue.


Le rez-de-chaussée abrite une brasserie dont la porte présente de belles poignées Art Nouveau.


L'immeuble de gauche a une façade en briques beiges, réhaussée de liserés ocre, moins lumineuse que celle qui lui fait face. Elle a également l'année de construction gravée dans la pierre, mais cette fois-ci à l'étage.


Son originalité réside esentiellement en le travail de ferronnerie, avec de magnifiques arabesques.