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dimanche 7 avril 2019

Saint Quentin - Buffet de la gare - Mosaïques et vitraux d'Auguste Adolphe Labouret - 1926

L'an dernier, je découvrais la ville de Saint Quentin, riche en constructions Art Déco et je faisais une entorse à ma passion pour l'Art Nouveau. En fait, je suis tombée en amour avec cette petite ville au bord de la Somme. C'est la troisième fois que j'y vais, en mois d'un an. J'y étais pour la Pentecôte, et suite à cette visite j'ai écrit deux articles, un sur le centre ville et l'autre sur le quartier de la gare. J'y suis retournée pour le "week-end des années 20" d'octobre, pendant lequel j'ai eu la grande chance de pouvoir visiter, juste accompagnée par une employée municipale, l’extraordinaire salle du conseil d' l'Hôtel de Ville, que je me dois de publier bientôt. 
Hier, j'y suis allée dans le cadre du Printemps de l'Art Déco, d'abord pour une visite de la ville Art Déco, que j'ai vite quittée car le guide n'était vraiment pas à la hauteur, parlant très peu de l'Art Déco, faisant moultes digressions sans intérêt, sans compter d'insupportables propos sexistes. Puis, pour un goûter conférence au buffet de la gare, qui m'a permis, enfin de découvrir ce magnifique intérieur Art Déco avec un conférencier absolument passionnant et fort sympathique, qui avait une très bonne connaissance de l'histoire de la ville et régionale. Je pense, que si Saint Quentin souhaite développer, à raison, des événements culturels autour de l'Art Déco, il doit sérieusement veiller à la qualité et à la formation de ses guides, notamment sur ce sujet.


Le buffet de la gare, situé dans une construction accolée au grand hall, a été restauré entre novembre 2016 et  mai 2017, par différentes corps de métiers sous la direction d'un architecte du patrimoine et le résultat est magnifique. Cependant, même si le mobilier originel du buffet a disparu, le choix de celui actuel, n'est à mon sens guère réussi, bien qu'il s'agisse de chaises style Thonet cela ressemble un peu trop à du mobilier scolaire. Tout comme la présence de luminaires très modernes: Caboche de Foscarini, qui coûtent fort cher et n'ont rien à voir avec l'Art Déco. Pourtant, il existe des photographies du mobilier et des luminaires d'origine qui pourraient permettre une réalisation plus proche des originaux. Sur ce site, il est possible de voir les lieux avant restauration.




Reste que Saint Quentin est un magnifique écrin pour de beaux bijoux Art Déco. 




Et un de ces bijoux est, sans doute aucun, le buffet de la gare. Son entrée est ornée de petites tomettes verticales, en grès coloré qui rehaussent l'escalier d'accès aux étages supérieurs dans lesquels se trouvaient une trentaine de chambres. Ce lieu est le présentoir de la grande maîtrise artistique d'Auguste Adolphe Labouret, originaire de Laon, venu en voisin, réaliser de petits joyaux en mosaïques et vitraux, comme autant d'échos d’œuvres jumelles réalisées à Paris.  Il est ainsi l'auteur des vitraux des escaliers de l'Hôtel Lutetia, identiques à ceux de Saint Quentin et des mosaïques de la Brasserie La Lorraine, place des Ternes, très similaires à ceux du comptoir du buffet de la gare. Par ailleurs, ce n'est pas un inconnu pour moi puisque c'est lui qui a crée les vitraux pour la villa Demoiselle à Reims et je me pose la question sur la possibilité qu'il soit l'auteur des vitraux de l'Hôtel Bouctot-Vagniez d'Amiens, pour lesquels je n'ai trouvé aucun nom à leur associer.  Il a du reste réalisé de très nombreux vitraux, notamment dans des églises. Son itinéraire artistique et stylistique est fascinant, allant de la fin de l'Art Nouveau jusqu'à un art très géométrique, proche du Bahaus.




Ici, le vitrail est au plomb et mélange différent types de verres, tout en restant dans des tonalités très monochromes. Il est possible d'observer, dans l'entrée du Buffet, la technique de fixation des différents éléments composant les vitraux, notamment soutenus par une barre métallique au dos.
















Nous lui devons également la décoration en vaguelettes de céramiques qui orne les murs et le sol en mosaïque représentant de belles fleurs stylisées, réalisés à partir de matériaux composites.




samedi 2 juin 2018

Saint Quentin, Aisne. Quartier de la gare : la gare, architectes Gustave Umbdenstock et Urbain Cassan, le pont : l'ingénieur Albert Caquot , le monument aux morts: architecte Paul Bigot et le Casino: architecte Adolphe Grisel

Mes paseos m'ont amenée, le lundi de Pentecôte, à St Quentin, ville Art Déco. Quasiment complètement détruite ( à plus de 70% ) au lendemain de la 1ère Guerre Mondiale. Paul Bigot a été chargé à partir de 1919 de sa reconstruction puis du plan d’extension et d’embellissement de la ville, où il a rebâti le quartier de la gare.

La gare : 


C'est la troisième gare de la ville, construite en 1926 par les architectes Gustave Umbdenstock et Urbain Cassan. Massive, en brique, avec de grandes verrières, sa décoration intérieure est sobre. Une grande marquise avec de belles ferronneries recouvre les trois entrées elles aussi ornées de fers forgés.



Le buffet de la gare:

Ce chef-d'oeuvre n'est malheureusement pas facilement accessible. Ouvert, pour le moment, à de rares occasions, il devrait ouvrir au public dans un futur que j'espère pas trop lointain. J'ai pu cependant en faire quelques photos à travers les fenêtres, notamment des magnifiques vitraux du maître verrier et mosaïste Auguste Labouret.


Le pont de l'Isle:

Pour rejoindre le centre ville, il est nécessaire de passer par un grand pont qui enjambe les voies ferrées et le canal de St Quentin.
Il est surplombé par deux gros pylônes surmontés de lanternes-phares, décorés de chevrons réalisés par Paul Bigot en 1929, que l'on découvre immédiatement à la sortir de la gare. 


Le motif est repris dans la deuxième partie du pont, avec quatre petites lanternes, au-dessus de quatre sculptures en bas-relief, en bronze, représentant des femmes, allégories des quatre rivières qui coulent dans le département : La Seine, l'Oise, la Somme et l'Escaut.


 le monument aux morts :

Sa structure est l'oeuvre de l'architecte Paul Bigot, responsable de la restructuration de tout le quartier et les sculpteurs sont d'Henri Bouchard, auteur des sculptures du 65 et 67, boulevard Raspail et des 132-134 rue de Courcelles, 5-7 rue Cardinet et 103-105 rue Jouffroy à Paris, dont j'ai parlé sur ce blog, ainsi que de Paul Landowski, le sculpteur du Christ du Corcovado, à Rio de Janeiro. 


Le casino :

Oeuvre de l’architecte Adolphe Grisel, inaugurée le 29 juin 1929.. C'était une  salle de cinéma, faisant également fonction de Music-Hall et salle des fêtes. 

L'édifice se trouve en très mauvais état et les deux têtes qui le surplombent, en écho aux pylônes phares du pont, sont aujourd'hui malheureusement recouvertes, sans doute pour les protéger. Elles sont inspirées des traditionnels masques de la Comédie et de la Tragédie.

La rose stylisée, caractéristique de l' Art Déco y est omniprésente.


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El lunes de Pentecostés, mis paseos me llevaron hasta St Quentin, en el Norte de Francia, una ciudad con mucha arquitectura Art Deco. Casi destruida (más de un 70%°), al final de la primera guerra mundial. Paul Bigo fue el arquitecto encargado en 1919 de reconstruirla y de imaginas un plano para extender y embellecer la cuidad. Se encargó de reconstruir la zona de la estación de ferrocarriles.
 La estación de trenes:
Es la tercera construida en la ciudad. Fechada de 1926, obra de los arquitectos Gustave Umbdenstock y Urbain Cassan. Masiva, construida con ladrillos, posee amplias vidrieras y su decoración interior es más bien sobria. Una gran marquesina con herrerías cubre les tres entradas igualmente adornadas de hierros forjados.
El bufé de la estación.
Esta maravilla no es fácilmente accesible. Por el momento, solo se abre en contadas ocasiones. Se supone que la abrirán al publico en un futuro que espero n muy lejano. Sin embargo, pude hacer algunas fotos a través de las ventanas. Sobre todo, de los esplendidos vitrales del maestro Auguste Labouret.
El puente de l’Isle:
Para llegar al centro de la ciudad, es necesario cruzar las líneas de ferrocarriles y el canal de st Quentin por un puente majestuoso.
Lo dominan dos grandes postes linternas, decorados de motivos Art Deco, realizados por Paul Bigot en 1929. Este motivo se repite en las cuatro pequeñas farolas, encima de unos bajorrelieves que representan a mujeres, que son alegorías de los ríos que pasan por el departamento del Aisne: Sena, Oise, Somme y Escaut.
Monumento a los muertos:
La estructura es obra del arquitecto Paul Bigo y las esculturas de Henri Bouchard y de Paul Landowski (autor del cristo redentor del Corcovado)
El casino:
Obra del arquitecto Adolphe Grisel, inaugurado el 29 de junio de 1929. Fue sala de cine, y a veces era utilizado como Music-Hall y sala de eventos.
El edificio está en pésimo estado y las dos cabezas colosales, que hace eco a los postes-linternas del puente, están actualmente cubiertas para protegerlas. Representan las mascaras tradicionales de la comedia y la tragedia.
La rosa estilizada, característica del Art Deco, adorna toda la fachada.

lundi 18 juillet 2016

Art Nouveau et Champagne 1: Villa Demoiselle (anciennement Villa Cochet),1904/08 - architecte Louis Sorel

Un petit voyage rapide samedi dernier à Reims, m'a permis de découvrir ce petit bijou Art Nouveau (très) restauré qu'est la Villa Demoiselle, ainsi que d'autres exemples éparpillés dans la ville.
Ma destination première étant la Villa Demoiselle, c'est ici où je me suis attardée, en profitant de la possibilité de visite libre et de faire autant de photos que je voulais aussi bien de l'extérieur (depuis les jardins) que de l'intérieur. Pratiquement tout le temps seule, ne croisant que par moments le groupe de la visite guidée, je me suis réellement régalée, allant de découverte en découverte.
Les intérieurs Art Nouveau conservés et ouverts au public sont rares en France. J'ai déjà mentionné l'Hôtel Bouctot-Vagniez à Amiens, dont le rez-de-chaussée est accessible grâce à des visites guidées. Aujourd'hui, je vous emmène avec moi faire la visite de cette nouvelle demeure.
En faisant la visite à l'envers de celle que j'ai réalisé dimanche, nous partirons de l'extérieur pour aller vers l'intérieur de cette villa qui, d'une certaine manière, a un petit côté château de la Belle au Bois Dormant, avec ces petites tourelles et toits pointus. Bâtie en béton avec un charpente en métal par l'architecture Luis Sorel commanditée en 1890, par Henry Vasnier de la Maison Pommery, mécène et amateur d'art. Celui-ci meurt un an avant que les travaux ne terminent. Elle est reprise par Louis Cochet, nouveau directeur du Domaine Pommery, qui lui donnera son nom. 
Habitée jusqu'en 1970, elle est ensuite abandonnée, puis placée sous la protection de la ville de Reims en 1999. En 2004, Les Vranken la reprennent et décident de la restaurer faisant appel à de nombreux artisans, comme cela était le cas à la Belle Epoque. Ils redonnent ainsi vie à la demeure et nous permettent aujourd'hui de visiter une villa Art Nouveau, avec son intérieur, comme neuve! 
L'entrée actuelle se situe au niveau de la façade arrière de la villa. 















Un petit pont avec une rambarde en bois vert mène jusqu'à une pergola sur laquelle s'ouvrent les fenêtre de la salle-à-manger. 


La villa est flanquée de tourelles latérales, certaines ornées de balcons (avec balustrades en bois vert) que souligne un décor en céramique, (représentant des grappes de raisin et des feuilles de vigne) qui court tout au long de la façade, en son milieu,  ainsi que  sous les toitures (décor géométrique). 




L'entrée principale est recouverte par une belle marquise et flanquée sur le côté par une tourelle qui abrite l'escalier d'accès aux étages et au sous-sol, dont la porte est, elle aussi, protégée par une marquise.




Les bordures de chaque fenêtre sont soulignées par un dessin géométrique de mosaïques vertes.


La visite de la Villa commence par le sous-sol auquel on accède par un kiosque en bois et verre, qui sert d'accueil, ainsi que de salle de dégustation et de vente. A la fin de chaque visite, une coupe de champagne est offerte.


Le passage par le cellier permet d'apprécier des photos du bâtiment avant restauration qui ont permis de reconstituer bien des élèments, comme les peintures murales. Ainsi que des flacons et bouchons de l'époque, dont la fameuse libellule (ou demoiselle) qui a donné son nom au champagne et à la Villa.







Plutôt que faire une visite pièce par pièce, j'ai choisi de présenter les différents éléments ornementaux de l'intérieur de la villa, rubrique par rubrique, en commençant par:

les peintures murales: réalisées au pochoir, créées par Félix Aubert, un des cinq intégrants du groupe français "L'art en tout". Elles ont été restaurées par l'Atelier Hadacek. Elles représentent des motifs végétaux (parfois très géométriques), dont la vigne, déjà omniprésente sur la décoration céramique de la façade.






Les décors céramiques:  les mosaïques réalisées en grès dans les tonalités jaune et bleu, sont d'origine et recouvrent les sols du hall d'entrée et des autres pièces situées au même étage.


Ces céramiques, décorent les murs de la salle à manger.


Les vitraux: Ils sont l'oeuvre d'Auguste Labouret (qui a été, peut-être, à l'origine également des céramiques, car mosaïste, mais je n'ai retrouvé aucune référence dans ce sens). Ils ont été restaurés par l'Atelier Simon Marq. Très présents dans le hall, ils filtrent également et jouent avec la lumière de la montée d'escaliers.




 



 Les luminaires: A l'origine, ils seraient création de la maison Bagués. Ceux qui ont été réalisés pour la restauration sont oeuvre des Métalliers Champenois et  de la Cristallerie Saint-Louis, notamment le majestueux lustre de l'escalier créé à partir de la partie haute qui subsistait seulement. Ils sont en forme de goutte ou de globe.












Les boiseries: Elles sont l'oeuvre de Camille Lefèvre et de de Tony Selmerscheim. Celles de l'escalier sont magnifiquement ouvragées et celles des huisseries très délicates.






Les cheminées: J'ai une passion toute particulière pour les cheminées Art Nouveau. Les plus belles que j'ai pu voir à ce jour, se situent à Barcelone. Mais j'avoue avoir beaucoup appréciées celles de la Villa Demoiselle. Le chef-d'oeuvre principal est certainement la cheminée de Paul Alexandre Dumas qui orne le hall d'entrée. Réalisée en acajou et émail, elle a été présentée lors de l'Exposition de Paris 1900 et s'intègre parfaitement dans la décoration. Ornée d'ombellifères, c'est ce motif qui sera repris sur d'autres cheminées, ainsi que sur un meuble attribué à Majorelle.






Les meubles: La salle à manger contient les meubles d'origines, créés par Gallé.  Henry Vasnier l'avait commandée en 1891: la table (Tables aux herbes potagères) et le dressoir (Chemins d’automne) avaient été présentés au Salon du Champ de Mars en 1892 et en 1893. Cette salle à manger qui ne faisait pas partie du legs qu'il avait fait à la Ville de Reims. Elle est entrée dans ses collections en 2013 et 2014 et elle a retrouvé son emplacement d'origine.




Y est également exposé un comptoir de bar qui serait  l'oeuvre de Gallé et proviendrait de restaurant "Gandon-Fournier", aujourd'hui "Julien" ou de Majorelle et proviendrait du restaurant "Lucas-Carton". De part sa facture, je tendrais à penser que c'est plutôt une oeuvre de Gallé ... En tout cas, il s'intègre parfaitement avec le reste de l'ameublement de cette salle-à-manger.



 



D'autres meubles sont forts intéressants, comme cette console-jardinière décorée de très beaux grès d’Alexandre Bigot et ornée de globes lumineux.



Une console ornée d'ombellifères, des chaises, un lit et une armoire seraient l'oeuvre de Majorelle.





Vases Gallé: Dans une vitrine dont il est probablement également le créateur, sont exposés quelques vases Gallé, dont deux de toute beauté:  Henry Vasnier lui achète, à l’Exposition Universelle de 1900, une potiche au décor d’iris gravés, et un calice orné de raisins dorés et  et d'un pied violet.



Pour finir cet article, je dirais que je trouve dommage qu'il n'y ait pas un catalogue présentant la maison, sa restauration et les objets exposés, ni d'explications (autres que celles d'un guide) lors de la visite. J'ai passé des heures à faire des recherches sur différents sites et documents pour compiler les infos que je viens de présenter. Un travail que j'adore faire et que d'autres n'auront plus à faire en me lisant  tout en découvrant mes photos publiées ici.
Bonne visite!