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mercredi 12 juin 2019

18, rue Gabriel Péri, céramiques Antoine Ebel

Lors de la visite que j'ai guidée à Levallois-Perret, lundi dernier, le 10 juin, à l'occasion de la Journée Internationale de l'Art Nouveau, nous avons pu entrer dans le vestibule de cet immeuble. J'avais déjà repéré les céramiques à travers la porte vitrée et là j'ai eu l'opportunité de bien les photographier. J'ai reconnu la signature d'Antoine Ebel dans un cartouche situé au coin d'un des panneaux.
Ebel s'est associé par la suite avec un certain Cazet. Leur magasin se trouvait  rue du Paradis,  à Paris, dans le 10è, aujourd'hui disparu. Cette rue abritait également les bureaux des faïences de Sarreguemines et au n°18 se maintient la façade étonnante de l'ancien magasin d’Hippolyte Boulenger.
Ce céramiste ne m'était pas inconnu, puisque j'ai déjà publié deux autres vestibules avec ses œuvres. Des chardons et des iris pour celui situé rue Guénégaud dans le 6è à Paris et, j'ai découvert une fois chez moi, la raison du "déjà-vu" à Levallois, puisque les céramiques de la rue de l'Est à Boulogne-Billancourt représentent pratiquement le même décor, si ce n'est que là l'entourage est très Art Nouveau (cf. les 2 premières photos)
Il s'agit de deux panneaux avec des paysages de parc, plutôt classiques, avec des fleurs en gros plan: rose trémière pour l'un et chrysanthèmes/dahlias (?) pour l'autre, et entourés de panneaux reprenant le même motif floral.

Levallois-Perret

Boulogne-Billancourt



 


samedi 1 juin 2019

10 juin 2019 - Journée Internationale de l'Art Nouveau - World Art Nouveau Day

Le 10 juin, à l’occasion de la Journée Internationale de l'Art Nouveau, je vous propose une visite guidée par mes soins, à la découverte d'un Art Nouveau méconnu, très proche de Paris, accessible en métro par la la ligne 3. Elle se déroulera pendant environ 2 heures, de 15h à 17h.

Nous découvrirons des exemples de céramiques de Gentil et Bourdet, des architectes locaux comme L. Meunier ou E. Lamoureux et bien d'autres.



Inscription obligatoire uniquement par email, en indiquant le nombre et l'âge des participant.e.s:

paseosartnouveau@gmail.com


Vous aurez le lieu exact de rdv et les modalités de la visite, au moment de votre inscription.

mercredi 1 mai 2019

Angle de la rue Henri Barbusse et de la rue Trébois -1905 - et 70 rue Louise Michel - sd - L. Meunier, architecte et E. Lavaud, entrepreneur



L'ancienne épicerie de Julien Damoy (aujourd'hui occupée par un supermarché Carrefour),  concurrent direct de Felix Potin, a une allure bien similaire à celle situé au 40, rue de Rennes, à Paris. Les deux édifices ont quelques ressemblances dans leur structure générale, immeubles d'angles, avec une petite tourelle au sommet mais ce sont surtout les enseignes en mosaïque, annonçant les produits en vente, qui ornent, sur tout le pourtour, le haut des devantures du rez-de-chaussée pour l’édifice de Levallois et celles du 1er étage pour celui de Paris. Il ne serait pas étonnant que l'architecte L. Meunier (dont je n'ai trouvé aucune référence) se soit "inspiré" de l'oeuvre de Paul Auscher, rue de Rennes et qu'il ait pu faire appel au même céramiste, Henri Bichi (qui a aussi travaillé à la Brasserie Mollard), sa construction datant juste d'un an de plus que celle de Felix Potin. 

Julien Damoy
Felix Potin




















Julien Damoy


Felix Potin
L'immeuble de L. Meunier a des décorations sculptées figuratives, qui représentent des fruits et des fleurs au-dessus et autour des enseignes ou entre les fenêtres ainsi que des fleurs de tournesols entourées de guirlandes de fruits entre les courbures supérieures des fenêtres du premier étage.




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A quelques mètres de là, au 70, rue Louise Michel, un autre immeuble des mêmes architecte et entrepreneur, présente une belle porte dans le style Art Nouveau, même si le reste de l'immeuble, en pierre, béton et briques beige est plutôt rectiligne.
L'entourage de la porte, en pierre sculptée, a une décor floral, représentant probablement des chardons, sous la courbure supérieure. Le même qui se retrouve au-dessus des fenêtres du premier étage.




Grand Bazar de Levallois - 6, rue Henri Barbusse - céramiques Gentil et Bourdet - Début 20è -

Mes déambulations dans les rues de Levallois, où je me rends chaque semaine, depuis quelque temps, me valent de très belles surprises. Au départ, je ne pensais y trouver que relativement peu d'éléments Art Nouveau et finalement, les exemples en sont nombreux et vont faire l'objet de plusieurs articles. Tout comme je n'avais repéré que les belles céramiques de la Manufacture des Pianos, dont une partie sont de Gentil & Bourdet, sans imaginer que j'en découvrirai d'autres comme celles de l'immeuble rue Voltaire et, il y a quelques jours, celles du Grand Bazar de Levallois.


L'édifice se trouve juste à quelques mètres d'un très bel immeuble Art Nouveau, dans la même rue, que j'avais repéré lors de mes recherches sur le web, sur le PLU (Plan Local d'Urbanisme) où sont répertoriés les bâtiments remarquables ou à protéger. Cette construction est également indiquée, mais les céramiques ne sont pas visibles sur la photo et le style architectural Art Déco, n'avait pas attiré mon attention. Sur place, j'ai immédiatement identifié la décoration florale composée de feuilles/pétales bleus ainsi que de pastilles blanches et bleues, extrêmement fréquentes chez Gentil et Bourdet. Mais pas uniquement chez eux. Ici, n'ayant pas pu m'approcher de ces éléments, situés en hauteur et avec une marquise qui en cache partiellement la vue, je ne peux pas être absolument certaine qu'ils en sont les auteurs, mais cela me paraît hautement probable. L'enseigne est également en céramique, bleue et beige, mais très simple, sans aucun décor.


















Le haut de l'immeuble est décoré, en son sommet, de sculptures qui représentent des tournesols, avec des bow-windows sur les côtés et une loggia au dernier étage. La porte d'entrée en fer forgé comporte un décor floral stylisé, bien dans le style Art Déco, tout comme les rambardes des fenêtres et balcons, et les décors des fenêtres du premier étages, aux motifs géométriques.



samedi 13 avril 2019

9 bis rue Voltaire, Levallois-Perret, céramiques Gentil & Bourdet, architecte Henri Béjot - 1923

Cette semaine, une fois encore lors d'un des mes déplacements à Levallois-Perret, j'ai reconnu des céramiques Gentil&Bourdet, depuis le bus, dont je suis rapidement descendue. La façade de l'immeuble a que peu d'intérêt, même si le jeu de couleur, entre le rez-de-chaussée en béton blanc, les trois étages en briques rouges bordées d'un liseré blanc, le bleu des céramiques au-dessus des fenêtres, ainsi qu'en bande horizontale sous le toit en ardoise du dernier étage, est bien réussi.


L'architecte Henri Béjot, est peu connu, mais vient d'une famille d'architecte qui a réalisé plusieurs constructions à Paris et dans les Hauts-de-Seine. Son nom, ainsi que la date de construction figurent dans un cartouche en céramique, sur le côté droit de la façade. 
L'immeuble n'est absolument pas mentionné sur le site dédié aux céramiques Gentil&Bourdet, comme bien d'autres que je découvre au fil de mes paseos. 
Les deux motifs, celui de fleurs et celui des cercles sont bien présent dans le catalogue qui me sert de références. Leur attribution à Gentil&Bourdet ne fait aucune doute.




vendredi 15 février 2019

92, rue Anatole France, Levallois, céramiques Charles Virion, Gentil et Bourdet. 1912 ?

Profitant que j'étais à Levallois, hier, je suis allée voir cet immeuble, car il était référencé sur le site de "La fabrique de céramique  Gentil & Bourdet" et que je me suis passionnée par leurs céramiques. Quelle n'a pas été ma surprise, de voir que cela allait bien au-delà que ce que je m'étais imaginé et m'a valu des heures de recherche sur le net.


Le rez-de-chaussée est aujourd'hui en vente. Donc, malheureusement défiguré par des panneaux publicitaires. Mais, il m'a été possible de bien observer les céramiques et d'en prendre de bonnes photos.
Les pièces maîtresses sont, sans aucun doute, les deux grands panneaux de grès flammé, représentant un héron tenant dans son bec une grenouille et un marabout, signés Ch. Virion. Dans les textes de description que j'ai pu trouver, les identifications varient: si le héron à droite est bien identifié, l'autre oiseau est parfois considéré comme un deuxième héron, ou bien un pélican et moi j'y reconnais un marabout. La base Palissy reste bien prudente, en mentionnant "deux échassiers".





Ni sur la façade, ni sur les documents consultés, il y a mention d'une date ou d'un architecte pour cet édifice. Grâce au dossier de presse, en ligne, de l'exposition  "Invitation Belle Epoque (1880-1914)" qui a eu lieu à Nemours, du 16 décembre 2017 au 29 avril 2018, j'ai pu retrouver les originaux en plâtre de ces deux panneaux, conservés au Musée de Nemours, datés de 1912. Qui pourraient donc permettre de dater approximativement la construction qu'ils ornent.


Outre ces deux panneaux, les porches cochères sont ornées par un linteau représentant une scène animalière avec des écureuils, dont j'imagine que l'auteur est le même Charles Virion. Cet artiste est céramiste, faïencier, décorateur, médailleur, sculpteur et peintre animalier reconnu à son époque. Il se formera et travaillera notamment avec l'Atelier Boué et Petit à Montigny-sur-Loing, ville où il décidera de s'installer.


Le reste des céramiques provient clairement de la fabrique Gentil&Bourdet. Sur leur catalogue, les auteurs du site mentionné ci-dessus, ont identifié deux frises et j'ai pour ma part, retrouvé deux cabochons. Par ailleurs, les tomettes de couleur bleutée ainsi que la graphie et forme des lettres de l'enseigne et de l'ancien numéro, me semblent bien caractéristiques de leur style. 






Reste la question des panneaux de Charles Virion et des linteaux dont il est probablement l'auteur. J'imagine qu'ils ont été réalisés dans les ateliers de G&B à partir de ses plâtres, car la couleur du grès flammé est en accord avec le reste de la façade. 
Cependant, ma surprise n'a pas été au sujet des céramiques. J'ai reconnu immédiatement, le motif d'ombellifères qui orne les ferronneries des portes et qui est repris dans les sculptures sous les bow-windows. Ce sont les mêmes que ceux de l'immeuble, rue Cler, dans le 7è à Paris. C'est sans doute aucun, le même artiste pour les deux immeubles. Du coup, la question se pose : serait-ce Charles Virion ? Dans toutes les publications, il est considéré comme le sculpteur également des motifs dans la pierre de taille. Mais, je m'interroge ...

92 rue Anatole France - Levallois



23, rue Cler, Paris 7è
23, rue Cler, Paris 7è
92, rue A. France - Levallois
92, rue Anatole France - Levallois

Les autres sculptures de l'immeuble de Levallois reprennent les motifs d'oiseaux, échassiers, cette fois-ci, en vol, qui semblent correspondre à ceux des céramiques.


Quant à l'architecte, je me suis demandé si ça ne serait pas Théo Petit, qui a orné ses façades de motifs animaliers, mais aussi de personnages (c'est le cas de l'immeuble rue Cler) et quelques rares motifs floraux. Cela pourrait être vraisemblable s'il faisait partie de la famille d'Alphonse Petit, céramiste de Montigny, avec lequel Charles Virion a travaillé. Seule une visite du cadastre pourra apporter une réponse. Mais comme je n'apprécie pas du tout les démarches administratives, je laisse la question ouverte. 

Alphonse Petit et Charles Virion