Affichage des articles dont le libellé est Saint Quentin. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Saint Quentin. Afficher tous les articles

jeudi 16 mai 2019

Gentil et Bourdet à Béthune, à Lens et à Saint Quentin, dans les Hauts de France.

Le printemps de l'Art Déco m'a permis de découvrir l'existence de façades décorées avec des mosaïques et des céramiques Gentil et Bourdet à Béthune et à Lens. Je profite de cet article pour publier également un petit exemple mosaïque qu'il me semble possible de leur attribuer.

Mon intérêt pour ces céramistes a fait que j'ai ouvert une page Facebook exclusivement dédiée à leur production, fort intéressante. Initiée avec l'Art Nouveau, elle a fait une transition vers l'Art Déco et a continué au-delà, pendant encore quelques années, en passant par d'autres styles propres au début des années 1900, comme le néoclassique ou l'éclectisme. 

Béthune 

Librairie Beuvry-Berthe (1927) :



L'architecte Marcel Gillon, lors de la reconstruction de la ville, après la 1er guerre, est chargé de l'édification de plusieurs magasins du côté impair de la rue d'Arras. 
Il imagine une façade éclectique, pour cette librairie, moitié béton peint en blanc, moitié brique rouge, avec trois fenêtres supérieures surmontées d'une toiture triangulaire en en ardoise grise, reposant au-dessus de trois grandes ouvertures vitrées, entourées d'une frise et séparées par des colonnettes recouvertes de mosaïques bleues avec des motifs en vaguelettes. Le tout repose sur l'enseigne de la librairie réalisée en céramiques bleues et décorée des motifs de fleurettes blanches caractéristique de Gentil et Bourdet.
Une photo de cette façade se trouve dans le "Manuel d'application de grès de gentil et Bourdet", dont je possède une copie scannée.


Librairie Levaast

Non loin de là, quelques mètres plus haut, dans la même rue, en se dirigeant vers la Grand'Place, une autre librairie, oeuvre du même architecte, mais de dimensions plus modestes, a également une enseigne réalisée avec un décor mosaïque similaire.


La façade en briques rouges et béton blanc, est ornée d'un joli petit balcon, avec une rambarde décorée d'un motif de panier de fleurs, très fréquent dans l'Art Déco.


Les autres éléments céramiques de la façade, ne sont pas très caractéristiques. Il d'agit de boutons et d'un élément de forme trapézoïdale, de couleur bleue au-dessus de la fenêtre du deuxième étage, et deux curieux motifs en forme de triskell de chaque côté de la fenêtre du premier étage. 


Hôtel du Vieux Beffroi (1924):

Construit par Léon Guthman, sur la Grand'Place, le tympan au-dessus des fenêtres sont ornés de cabochons, peu représentatifs, mais attribués à Gentil et Bourdet 


Rue Grosse Tête:

J'avais repéré toutes ses façades, avant de me rendre à Béthune, mais la fin de ma journée a été ponctuée par la découverte, d'une nouvelle façade, en très triste état, qui mériterait une restauration de manière urgente. Il ne reste que quelques rares éléments visibles de la mosaïque (apparemment recouverte par un induit blanc), qui devait la décorer, mais il s'agit très probablement, ici encore, de la production de Gentil et Bourdet. On y retrouve des décorations florales et des cabochons, qui me semblent assez caractéristiques des leur style. Un balcon qui a perdu ses rambardes, devait être entièrement recouvert de mosaïques du plus bel effet.  Je n'ai pas réussi à lire les lettres correspondant au nom du magasin que cette construction abritait. Il est situé dans une grand rue transversale, entre la rue d'Arras et la Grand'Place.






Lens
 43 rue de la Gare

Dans cette ville, un seul exemple attribué à Gentil et Bourdet, dans un article. Il s'agit d'une façade, d'un style éclectique, avec une fenêtre centrale, dont le tympan s'orne d'une corbeille fleurie en mosaïque et les côtés sont décorés de pastilles et de spirales. 



Saint Quentin

2 Place des Campions


Ce bel édifice Art Déco en brique, a de petites décorations en mosaïque florale, qui me semble bien pouvoir être attribuées à Gentil et Bourdet.




dimanche 7 avril 2019

Saint Quentin - Buffet de la gare - Mosaïques et vitraux d'Auguste Adolphe Labouret - 1926

L'an dernier, je découvrais la ville de Saint Quentin, riche en constructions Art Déco et je faisais une entorse à ma passion pour l'Art Nouveau. En fait, je suis tombée en amour avec cette petite ville au bord de la Somme. C'est la troisième fois que j'y vais, en mois d'un an. J'y étais pour la Pentecôte, et suite à cette visite j'ai écrit deux articles, un sur le centre ville et l'autre sur le quartier de la gare. J'y suis retournée pour le "week-end des années 20" d'octobre, pendant lequel j'ai eu la grande chance de pouvoir visiter, juste accompagnée par une employée municipale, l’extraordinaire salle du conseil d' l'Hôtel de Ville, que je me dois de publier bientôt. 
Hier, j'y suis allée dans le cadre du Printemps de l'Art Déco, d'abord pour une visite de la ville Art Déco, que j'ai vite quittée car le guide n'était vraiment pas à la hauteur, parlant très peu de l'Art Déco, faisant moultes digressions sans intérêt, sans compter d'insupportables propos sexistes. Puis, pour un goûter conférence au buffet de la gare, qui m'a permis, enfin de découvrir ce magnifique intérieur Art Déco avec un conférencier absolument passionnant et fort sympathique, qui avait une très bonne connaissance de l'histoire de la ville et régionale. Je pense, que si Saint Quentin souhaite développer, à raison, des événements culturels autour de l'Art Déco, il doit sérieusement veiller à la qualité et à la formation de ses guides, notamment sur ce sujet.


Le buffet de la gare, situé dans une construction accolée au grand hall, a été restauré entre novembre 2016 et  mai 2017, par différentes corps de métiers sous la direction d'un architecte du patrimoine et le résultat est magnifique. Cependant, même si le mobilier originel du buffet a disparu, le choix de celui actuel, n'est à mon sens guère réussi, bien qu'il s'agisse de chaises style Thonet cela ressemble un peu trop à du mobilier scolaire. Tout comme la présence de luminaires très modernes: Caboche de Foscarini, qui coûtent fort cher et n'ont rien à voir avec l'Art Déco. Pourtant, il existe des photographies du mobilier et des luminaires d'origine qui pourraient permettre une réalisation plus proche des originaux. Sur ce site, il est possible de voir les lieux avant restauration.




Reste que Saint Quentin est un magnifique écrin pour de beaux bijoux Art Déco. 




Et un de ces bijoux est, sans doute aucun, le buffet de la gare. Son entrée est ornée de petites tomettes verticales, en grès coloré qui rehaussent l'escalier d'accès aux étages supérieurs dans lesquels se trouvaient une trentaine de chambres. Ce lieu est le présentoir de la grande maîtrise artistique d'Auguste Adolphe Labouret, originaire de Laon, venu en voisin, réaliser de petits joyaux en mosaïques et vitraux, comme autant d'échos d’œuvres jumelles réalisées à Paris.  Il est ainsi l'auteur des vitraux des escaliers de l'Hôtel Lutetia, identiques à ceux de Saint Quentin et des mosaïques de la Brasserie La Lorraine, place des Ternes, très similaires à ceux du comptoir du buffet de la gare. Par ailleurs, ce n'est pas un inconnu pour moi puisque c'est lui qui a crée les vitraux pour la villa Demoiselle à Reims et je me pose la question sur la possibilité qu'il soit l'auteur des vitraux de l'Hôtel Bouctot-Vagniez d'Amiens, pour lesquels je n'ai trouvé aucun nom à leur associer.  Il a du reste réalisé de très nombreux vitraux, notamment dans des églises. Son itinéraire artistique et stylistique est fascinant, allant de la fin de l'Art Nouveau jusqu'à un art très géométrique, proche du Bahaus.




Ici, le vitrail est au plomb et mélange différent types de verres, tout en restant dans des tonalités très monochromes. Il est possible d'observer, dans l'entrée du Buffet, la technique de fixation des différents éléments composant les vitraux, notamment soutenus par une barre métallique au dos.
















Nous lui devons également la décoration en vaguelettes de céramiques qui orne les murs et le sol en mosaïque représentant de belles fleurs stylisées, réalisés à partir de matériaux composites.




samedi 9 juin 2018

Saint Quentin, Aisne, centre ville

Laissant la gare derrière moi, j'ai traversé le pont et commencé à remonter la forte pente vers le centre ville.
La silhouette du Conservatoire de musique et de théâtre, se détache au loin. D'un style très original, très géométrique, avec de très grand bow-windows qui occupent toute la façade, elle reprend l'architecture flamande à trois pignons.
C'est l'oeuvre de l'architecte de Jean-Bernard Charavel, associé à Marcel Mélendés et Robert Enault.


La porte est surmontée par deux arcs segmentés qui reprennent les motifs et couleurs des pignons au-dessus des fenêtres.


Un peu plus haut, se dresse le bâtiment des Nouvelles Galeries. Reconstruit en 1927 selon les plans datant de 1922 de l'architecte Sylvère Laville. Une frise florale en stuc parcourt tout le haut de la façade, au-dessus des grandes baies vitrées. Le tout est surmonté de deux  phares,  dits les "phares du commerce". Il semblerait que la ville ait été particulièrement attentive à l'éclairage des différents lieux et édifices.
L'intérieur vient d'en être restauré, mais il n'est pas encore ouvert au public.







A mon retour, en descendant vers la gare, je suis passée par derrière et j'ai découvert une partie du bâtiment qui n'est jamais représentée, probablement parce qu'encore non restaurée, mais qui ne manque certainement pas d'intérêt !














Quasiment en face, à l'angle de deux rues se dresse l'imposante silhouette des anciens magasins Seret Frères. Il s'agit en fait, de la reconstruction d'un premier magasin d’ameublement fondé par Jules Seret, détruit par un incendie en 1908. L’architecte Paul-Armand Chérier en recouvre la façade de carreaux en céramique et laisse apparente l’armature métallique. Le tout est dominé par une tour d’angle recouverte d’un dôme de cuivre.


En face, se dresse l’imposant bâtiment des anciens magasins Devred, réalisé en 1922 par Jules Arduin, tout en béton armé. Avec des décors en palmettes.













 Je suis, bien sûr passée par la place de l'hôtel de Ville mais, ma visite ayant eu lieu un jour férié, je n'ai pas pu entre dans le bâtiment qui n'est pas du tout Art Déco, pour y admirer la salle du conseil qui est le bijou Art Déco caché de la ville.


Dans deux chapelles de la basilique gothique, pour remplacer des vitraux détruits pendant la guerre, en 1931/32, Georges Bourgeot a réalisé une représentation de Ste Thérèse et une autre de la Communion, dans un pur style Art Déco, avec notamment de nombreuses roses stylisées.


En face la basilique se trouvent deux édifices mitoyens, appelés les "bow-windows". En béton, avec des décors en briques, ils sont l'oeuvre de Louis Guindez qui les a réalisés en 1932/33.


Non loin de là, se trouve la Criée Municipale, du même architecte, construite en 1928. Avec de belles formes courbes et une mosaïque géométrique.



L'architecture en briques, typique de la région, n'est pas absente et elle y est revisite l'Art Déco. La structure la plus célèbre est la Poste, située juste en face de la basilique. Datée de 1929, elle est l'oeuvre de l'architecte  René Delannoy. Je n'ai pas pu en visiter l'intérieur qui contient notamment un lustre splendide, mais j'ai largement pu admirer les ferronneries de la large porte d'entrée. 




En redescendant vers la gare, j'ai pu admirer trois autres édifices en briques. Les anciens bains-douches construits en 1928 place des Campions par Louis Guindez, le même architecte des bow-windows et de la Criée. Il me semble y avoir également reconnue des décorations de marguerites en céramique typiques de Gentil & Bourdet.


Juste en face se trouve un immeuble, avec une très belle porte et une architecture originale. Construit en 1923 par Lebel et Baudeux.


Plus bas, une autre belle porte orne l'entrée d'un édifice scolaire.


De nombreuses maisons individuelles ont été construites dans le style Art Déco ou en comportent certains éléments.