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dimanche 16 mai 2021

Château d'Aubiry, Céret (2) - architecte: Viggo Dorph-Petersen, de 1893 à 1904

 Ce week-end de l'Ascension cela s'afférait fort du côté du Château d'Aubiry. Profitant de la pause déjeuner et que le parc était grand ouvert, j'ai pu y entrer et arriver jusqu'au pied de l'escalier monumental, en savourant chaque pas parcouru. 

Les Déferlantes ont été annulées pour cette année, mais il semblerait bien que la rénovation du Château est en cours. Le parc sortait donc d'un long endormissement, avec kiosques et piédestaux abandonnés au milieu d'une "forêt" de palmiers qui n'allaient pas tarder à disparaître. J'ai donc eu l'impression de capturer en photo les derniers vestiges d'un long laisser-aller dont les magnifiques serres risquent de porter encore la trace quelque temps, puisque le coût de leur restauration demandera encore un peu de patience pour pouvoir les retrouver comme à l'époque de leur ancienne splendeur.

La mairie de Céret a signé un bail emphytéotique pour le parc, qui devra être ouvert au public d'ici quelques temps.

Des spectacles sont déjà prévus, en dehors des "Déferlantes" reportées à 2022. Tous, sans lien aucun avec le château et son histoire. C'est, dans ma vision d'historienne de l'art, un lamentable raté et une mise en danger d'un monument. J'ose espérer que des études préalables ont été faites concernant l'impact de tels évènements sur le bâtiment non entretenu depuis des dizaines d'années. 







J'ai pu mieux observer, que lors de ma première visite, quelques détails comme les peintures murales extérieures ainsi que la beauté des ferronneries des balcons.


Et prendre une belle photo des serres avec un ciel de pluie au loin.


J'ai fini mon paseo par une petite montée vers le réservoir d'eau du château qui se trouve quelque part au-dessus de la propriété.


dimanche 29 novembre 2020

Bains-douches, 25 avenue Clémenceau, 66400 Céret - Architecte Joseph Berthier - Non daté - Art Déco

 Le confinement n'est pas propice aux Paseos Art Nouveau. Je me réjouissais, une fois installée, à l'idée de pouvoir circuler dans la région à la recherche des quelques exemples que j'avais répertorié. Mais, sans pouvoir me déplacer à plus d'un km à la ronde, cela s'est avéré impossible.

C'est ainsi, qu'aujourd'hui, je fais une petite incursion dans l'Art Déco, pour publier un autre édifice de la ville de Céret: les anciens bains-douches. 

Cette construction est l'œuvre de Joseph Berthier, de Perpignan. Il a été élève de Viggo Theodor Dorph-Petersen et travaillé avec lui dans son cabinet.

Il s'agit d'un immeuble d'angle, très visible sur l'avenue Clémenceau. Il présente deux ailes, de chaque côté d'une tourelle à pans coupés, ornée d'un balustrade rappelant un crénelage. La porte d'entrée est encadré par des mosaïques, représentant un décor de feuilles. La porte en fer forge est ornée par deux drapeaux catalans ou senyeras. Le nom de l'architecte est bien visible, dans un cartouche en céramique, au-dessus de la fenêtre de droite.



jeudi 24 septembre 2020

Villa Jeanne d'Arc à Céret ( ancien restaurant Les Feuillants), 1 Boulevard Lafayette - architecte Viggo Dorph-Petersen - 1900-1920?


Le mois dernier, j'ai écrit un article sur le château d'Aubiry à Céret, ville où je réside depuis quelques semaines. En plus du château, bien connu et assez bien documenté, j'avais immédiatement remarqué, en plein centre ville, au début du boulevard Lafayette, face à la célèbre place Picasso, une construction qui paraissait abandonnée et qui faisait penser à un ancien restaurant. Construite dans un style éclectique, seules les ferronneries semblaient clairement dans un style Art Nouveau un brin kitch, qui me paraissaient assez récentes (effectivement, elles n'apparaissent pas sur les photos anciennes). A part la confirmation qu'il s'agissait d'un ancien restaurant, ce qui était facile à déduire par certains éléments (comme l'emplacement pour afficher le menu), je n'avais aucune autre donnée. Jusqu'à ce que je sache le nom du dit restaurant: "Les Feuillants" et qu'à partir de là, je puisse mener une petite recherche et retrouver un certain nombre d'informations, dont le nom de l'architecte, qui n'est autre que le même que celui du château d'Aubiry: Viggo Dorph-Petersen.


Cet architecte, d'origine danoise, s'installe à Perpignan entre 1883 et 1884. Il s'est formé au Danemark ainsi qu'à l'Ecole des Beaux Art de Paris. Il reçoit une commande pour une construction à Vernet-les-Bains, alors qu'il travaille pour un cabinet d'architecte parisien, ce qui a été probablement le point de départ de son emménagement rue Traverse-Vauban à Perpignan. Dès 1890, il ouvre un cabinet d'architecte, qui devient également un lieu de formation pour nombre d'architectes. Il travaille notamment pour Pierre Bardou, sur les trois châteaux commandés pour ses enfants. Loin de l'architecture palatine, il construit également un certain nombre de villas pour la bourgeoisie de la ville et d'autres lieux, comme Céret.

Cette villa est construite sur un plan similaire à celui des premières maisons de l'architecte à Perpignan, comme la Maison Combe-Jacomet  et l'hôtel Drancourt , constituées d'un corps de 3 étages, légèrement en avancée et d'un corps de 2 étages, plus trapu, orné d'une balustrade.










Je n'ai malheureusement trouvé aucune indication sur le commanditaire de cette villa, qui fut d'abord un "Café des Sports" comme indiqué sur ces cartes postales anciennes et probablement un hôtel, avant de devenir le célèbre restaurant "les Feuillants" qui a fermé ses portes en avril 1999, avec une initiative de réouverture en 2013 sous le nom de 
l'atelier de Josep Bufi, qui n'a probablement pas abouti. Ce qui veut dire que, depuis plus de 20 ans, cette belle villa se trouve abandonnée. Aujourd'hui, l'édifice est en vente. Evidemment, je suis preneuse si quelqu'un.e a des informations sur l'ancienne Villa Jeanne d'Arc, notamment au sujet de sa construction et du/des premiers propriétaires. J'ai juste trouvé une mention indiquant qu'elle aurait appartenue à un général.

Up date: (février 2021)
Une personne m'a contactée par mail et je l'en remercie vivement, pour me donner les indications suivantes: après la 2de guerre mondiale, cette villa a appartenu au Général Henri Mouchard, marié à Marcelle Armangué, originaire de Céret. Ensuite, la propriété est passée à ses neveux M.et Mme Armangué. 



dimanche 9 août 2020

Château d'Aubiry, Céret (Pyrénées-Orientales), architecte: Viggo Dorph-Petersen, de 1893 à 1904 -Hubert (maitre verrier), Perrault Henry (peintre), Ruel Léon (peintre), Bastet Victorien-Antoine (sculpteur), Gervais Paul-Jean (peintre)

Lorsque j'ai décidé de venir vivre à Céret, j'ai cherché sans trop y croire (bien qu'avoir découvert la richesse de ce style à Perpignan, me permettait d'espérer) , s'il y avait des constructions Art Nouveau. Et: bingo! Même si le style extérieur du Château d'Aubiry est éclectique et que les éléments caractéristiques n'y sont pas très présents, l'intérieur (qui ne peut malheureusement pas se visiter) correspond en grande partie à l'Art Nouveau. Le Château et son domaine sont quasiment entièrement l'objet d'une inscription au titre des Monuments Historiques (arrêté du 19 janvier 2006), ce qui peut laisser espérer qu'il continuera à être à peu près conservé en l'état. Le Château est toujours en vente (pour la "modeste" somme de 12 millions d'euros) ou à louer, selon les articles de presse que j'ai pu trouver. Je m'interroge sur le fait qu'un tel bien puisse être inaccessible au public, alors que, encore une fois, il s'agit d'un des rares intérieurs Art Nouveau conservés en France, avec notamment une incroyable chambre Majorelle intacte. Il a été également le décor d'un film qui se déroule en 1959 (et en 2024, celui de Comte de Monte Cristo. )

Néanmoins, le fait qu'il se trouve dans une zone non reconnue comme ayant de l'Art Nouveau, et plutôt isolé (il se trouve au milieu de vignes et de champs de cerisiers, quasiment à 6 km à l'est de la ville de Céret), a fait qu'il n'a pas suscité l'intérêt des passionnés d'Art Nouveau et reste assez méconnu. Alors qu'il mériterait une bien plus grande visibilité.

J'ai également du mal à comprendre comment une ligne de haute tension passe non loin, défigurant totalement la perspective, mais j'imagine facilement que cela n'est qu'un détail sans importance pour les pourvoyeurs d'électricité.

Viggo Dorph-Petersen, l'architecte du château, a beaucoup travaillé pour le riche homme d'affaires et homme politique perpignanais Pierre Bardou-Job, qui a développé l'industrie des papiers à cigarette JOB, créée par son père. Il lui commande notamment un château pour chacun de ses trois enfants. Celui d'Aubiry a été construit pour son fils Justin. Cependant, l'industriel ne le verra jamais puisqu'il meurt  en 1892, juste avant le début de la construction.

Affiche pour le papier à cigarettes Job, Gerorges Meunier, Chaix imprimeur, lithographie, 1894 Affiche pour le papier à cigarettes Job, Gerorges Meunier, Chaix imprimeur, lithographie, 1894

L'architecte danois, a beaucoup construit dans toute la région. Il a su conjuguer l'utilisation de matériaux nouveaux comme le béton armé ( il a été l'agent régional du cabinet Hennebique) avec l'architecture palatiale, aux nombreux éléments historicistes, caractéristique de son style éclectique. Il affectionne les clochetons originaux, les tourelles élégantes, les fenêtres asymétriques et les bow-windows propres à l'Art Nouveau ainsi que les frises ou les médaillons floraux en céramique. Éléments bien présents dans le construction du château ainsi que ses dépendances.

                           

Malheureusement, il est impossible d'approcher du château qui est entouré par une grille dissuasive. Je n'ai pu faire que des photos de loin et uniquement des deux entrées latérales.

  

Les dépendances à l'entrée  des deux accès au parc du château, invisible car protégé par de hauts murs, sont facilement photographiables et présentent plusieurs éléments intéressants, même si j'ignore si Dorph-Petersen en est bien l'architecte. 
Celle à gauche de l'entrée principale, située au sud du domaine, présente une entrée assez intéressante, en fer forgé et pavés de verre, avec une frise qui court sur le haut de la constructions et des applications de fleurs en céramiques.    
    
                                         
 
       

                 
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L'autre, à l'entrée située à l'Est de la propriété, semble plus sophistiquée et surtout, elle a une cheminée accolée, qui indique qu'il devait y avoir une production industrielle autre, que celle du vin (dont les caves et celliers se trouvent à l'Ouest).

                                    

Cette entrée s'ouvre par une belle grille, aujourd'hui rouillée, sur un chemin de terre qui longe les magnifiques serres constituées de trois dômes de quasiment 20 mètres de hauteur, reliés par des salles-galeries, sur une longueur totale de plus de 100 mètres. Elles sont un intéressant et élégant exemple de l'architecture métallique du début du 20e siècle et ont été construites par la fonderie du Val d'Osne (52), la même qui a réalisé les entourages Art nouveau conçus par Hector Guimard pour le métro de Paris ou encore les fontaines Wallace. Certaines sources citent Gustave Eiffel comme leur créateur, mais c'est une erreur fréquente de lui donner la paternité de toute construction métallique de cette époque.
De nombreux détails que je n'ai malheureusement pas pu photographier, me trouvant isolée derrière un grillage, sont visibles ici. J'ai tout de même pu faire de beaux clichés et capté le détail des descentes des canaux d'évacuations d'eaux.  
Selon la base de données Mérimée, ces serres ne seraient plus protégées. 


               
                                                         

Juste devant l'entrée principale au Sud, se trouve un charmant oratoire dédié à Ste Marguerite, à l'ombre duquel je me suis assise et reposée après la marche de 6km sous le soleil, depuis Céret. Juste à côté se trouve une petite structure avec des dessins catalans en relation avec les vendanges. 

                               

                              



Depuis cet endroit, il est possible d'observer les anciennes caves et celliers, auxquels il est possible d'accéder mais où je n'ai pas eu le temps d'aller pour prendre des photos. 


Mise à jour 31/01/2021: Les Déferlantes vont se tenir dans le parc du château à partir de cet été, si la situation sanitaire le permet. D'autres projets sont en cours pour l'utilisation de l'intérieur. Nulle part un mot sur le fait qu'il s'agit d'un rare intérieur Art Nouveau conservé. A suivre ... 
Mise à jour Juin 2021: Les Déferlantes ont été annulées pour cette année. Un festival d'humour "Les seigneurs du château" a eu lieu le dernier week-end du mois, sur un des côtés du château. Le parc devrait être ouvert au public en août. 
Nulle part il n'est fait mention d'une étude d'impact de la présence du public sur le lieu, ni de la mise en valeur et la restauration/rénovation de l'intérieur. Le château est pour le moment juste le cadre d'évènements sans lien aucun avec son histoire.
Mise à jour juin 2021 : Les Déferlantes vont bien avoir lieu cette année, ce qui a entrainé des travaux et des dégâts sur les parties classées comme le mur d'enceinte. Ici un article et une vidéo sur le sujet.