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dimanche 7 février 2016

Guirmard incompris: Maison Canivet ou Castel Craon ou Modern Castel, 18 avenue Alphonse-de-Neuville (Garches - Hauts-de-Seine), 1899

Cela faisait très longtemps que je m'étais promis d'aller voir cette villa, d'autant plus que je vis non loin de Garches. Je l'avais repérée sur l'excellent blog Paris 1900, que j'ai souvent mentionné ici. Les timides rayons de soleil d'aujourd'hui m'ont donné envie de me promener et j'ai donc pris la décision d'y aller en bus puis de terminer à pied. Le trajet fut très agréable et m'a permis de repérer d'autres maisons fort intéressantes que j'irai voir bientôt.  
Je suis arrivée, à pied, par le haut de l'avenue et de loin, j'ai bien vu un édifice fait de cubes superposés, d'allure extrêmement moderne et assez peu intéressant, si ce n'est le fait qu'il domine la rue. Puis, en m'approchant, j'ai pris conscience avec horreur, qu'il s'agissait de la construction de Guimard, complètement modernisée et ayant perdu toute son âme. Heureusement que je ne suis pas cardiaque, mais j'avoue avoir reçu un coup au cœur fort désagréable. Cela dépasse mon entendement que des propriétaires et un architecte prennent de telles libertés et dénaturent ainsi des œuvres de grande importance. La France n'a pas su, contrairement à la Belgique avec Horta ou l'Espagne avec Gaudi, sauver et conserver le patrimoine de Guimard. Grand nombre de ses constructions ont disparu,  de son vivant même. Parmi celles qui restent, certaines ne sont pas reconnues comme patrimoine, comme je pensais que c'était le cas ici. Pourtant, en faisant des recherches, il apparaît que cette villa est bien et bel inscrite à l'inventaire général du patrimoine général. Comment, alors, une rénovation où notamment les matériaux d'origine sont recouverts d'un enduit blanc, a été autorisée? Cela dépasse mon entendement. J'ai pourtant fait des études de restauration et il me semble que, le maintien des matériaux d'origine est une condition pour pouvoir rénover. Donc, sans que je puisse me l'expliquer,  des libertés immenses ont été prises lors de la rénovation, dénaturant complètement la façade et y rajoutant des éléments "néo-Guimard". Bien sûr la villa avait déjà été rénovée et très dénaturée auparavant, puisque pratiquement tous les éléments art nouveau de la façade avaient été enlevés,  mais l'argument n'est guère convaincant, lorsqu'on sait qu'il y a des cartes postales, des photos et des dessins de la villa d'origine dont il aurait pu être possible de s'inspirer. Certaines publiées dans des ouvrages comme "Guimard Perdu" de Jean Pierre Lyonnet et l'"Hector Guimard" de Georges Vigne, Il existe également un fond de dessins de la villa, conservés au Musée d'Orsay. Sans compter toutes les informations accessibles dans la base de données "Mérimée" du Ministère de la Culture, facilement consultable sur internet ICI.
J'ai recherché sur le net, le nom de l'architecte responsable des travaux de rénovation et je n'ai trouvé que le nom d'un architecte surtout spécialisé en architecture d'intérieur, Philippe Demougeot, dont le travail a été publié dans Art & Déco de juin 2013. Nous y voyons une décoration épurée, rectiligne et d'un blanc immaculé, tout comme la façade de la villa qui, curieusement, n'est montrée à aucun endroit du reportage. Pourtant, à la lecture de l'article, il semblerait bien qu'il ait tout pris en charge. 


Dans le dit l'article, il est précisé que les travaux intérieurs ont permis de retrouver des poutres de Gustave Eiffel et des vitraux d'origine ... Espérons que c'est effectivement le cas et qu'au moins cela a été préservé tout comme le carrelage et les décors de plafond visibles sur le site de "Mérimée".




Le portail d'origine ayant disparu, comme cela est bien visible sur la photo de 2007 du blog Paris 1900, il a été remplacé par un néo-Guimard, aux finitions pâlement imitées et bien trop rectilignes. Reste que le jeu de courbes entre le portail et les balustrades des balcons n'est pas sans intérêt, même si loin de l'oeuvre originelle. Ce qui est d'autant plus dommage, qu'en plus des photos et des dessins d'origine, se trouve quelques mètres plus loin, parfaitement conservé, un portail origine.

Carte Postale 1935 - La Source - 
Blog Paris 1900

Dans le blog Paris 1900, avec photos à l'appui, est signale le fait qu'il existait encore bien conservé un portail d'origine. La question étant de savoir s'il s'agit de celui d'origine, déplacé, ce dont je doute fort, si j'observe la carte postal de 1935 que j'ai reproduite ci-dessus. Il est probable qu'il s'est agi d'une entrée latérale. Elle n'est pas sans rappeler celle de la Villa La Bluette à Hermanville. 


                                

Toute la propriété est bordée par une grille magnifique, en coup-de-fouet d'origine et qui fait encore plus détonner le portail d'entrée en "néo-Guimard".

  

Je finis cet article par une autre photo de la villa dans son aspect actuel, avec des dessins des élévations des façades réalisés par H. Guimard en 1899 (Mérimée), où les différences entre la villa actuelle et l'originale sont parfaitement identifiables. Ainsi que par des photos de la façade opposée à l'entrée, qui avant donnait sur le parc de Beauveau-Craon (à peu près visible depuis la rue de la Côte Saint Louis). Les détails très originaux et intéressants sont parfaitement visibles sur la carte postale publiée par l'auteur du Blog "Paris 1900" (également publiée dans le livre de G. Vigne) et qui, tout comme le reste, a été rénovée, dans un style épuré, sans tenir compte de l'original.
 . 




Blog Paris 1900



dimanche 14 août 2011

Triste paseo: le Chalet Blanc de Guimard à Sceaux.

Hier, je suis allée rendre visite à une collègue qui habite près de Sceaux. Je me suis dit que, étant dans le coin, je pouvais aller faire un tour pour voir le Chalet Blanc, la villa que Guimard a construit en 1909 pour, selon les uns, sa propre tante ou, selon les autres, l'avocat Prosper Grivellé, déjà propriétaire de la villa Bluette à Hermanville, datée de 1899. La deuxième hypothèse, si elle s’avérait exacte, permettrait d'expliquer le style de la maison qui, comme dit Maurice Rheims "trouverait aussi bien sa place au bord de l'Océan, près du Touquet ..." (Hector Guimard, architecte d'art, Bibliothèque des Arts, Paris, 1985, p. 110).
Il existe peu d'informations sur cet édifice, un peu éloigné du style Art Nouveau et excentré par rapport à l'ensemble de l’œuvre de Guimard en région parisienne, concentrée dans le 16e. Je ne m'attendais donc pas à avoir un grand coup de cœur, mais je ne pensais certainement pas recevoir le choc que j'ai eu, en voyant cette villa désertée, complètement à l'abandon, envahie par la végétation qui est, en plus, en train de démonter la clôture en bois, les portes taguées et des vitres cassées. Tout l'ensemble respire la tristesse et j'avoue en avoir eu les larmes aux yeux.
Rentrée chez moi, j'ai voulu vérifier si l'immeuble était classé et il l'est bien et bel, comme Mérimée l'indique, depuis 1975. Vous pourrez au passage voir, sur ce site du Ministère de la Culture, l'état de la villa lors de l'inventaire de 1992 et le comparer avec l'actuel.
J'ai acheté il y a peu, le livre Guimard Perdu, histoire d'une méprise, (Lyonnet, Dupont et Sully-Jaumes, Editions Alternatives, Paris, 2003). Il y est indiqué, page 11et 12 que, sur 53 projets d'architecture 26 ont disparus, c'est à dire quasiment 50% de l’œuvre bâtie de Guimard! Je pensais ce processus funeste terminé et que les constructions de l'architecte était sauvegardées (bien que lorsque je vois l'état d'une partie du 122, avenue Mozart -dont je reparlerai certainement ici-, j'ai des doutes).
Je vous laisse observer l'amplitude du désastre avec les photos ci-dessous et je me donne pour tâche contacter le Service de Patrimoine du Ministère de la Culture afin de l'informer de l'état des lieux et l’inciter à réagir.


 2, rue du Lycée - 
Plaque en lave émaillée due à François Gillet (Paris)

   La petite fenêtre tout en haut est ouverte, 
permettant la pluie et le vent de s'engouffrer.


         Vues de l'ancien n°1, rue Lakanal


 J'ai pu observer d'autres carreaux cassés, mais il était impossible 
de les photographier à travers l'épaisse végétation qui envahit tout le jardin.

 Clôture cassée ou disjointe en de nombreux points
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Ayer fui a visitar una colega que vive cerca de Sceaux. Me dije que, como no estaba lejos, podía darme una vuelta para ver el Chalet Blanc que Guimard construyó en 1909 para, según algunos, su propia tía o, según otros, el abogado Prosper Grivellé, para quién ya había trabajado, en 1899, construyendo La Bluette, en Hermanville, en la costa de Normandia. Me inclino por la segunda hipótesis, que explicaría el estilo de la casa, como lo indica Maurice Rheims “podria tener igual su lugar en la orilla del Océano, cerca del Touquet ...”(Hector Guimard, architecte d'art, Bibliothèque des Arts, Paris, 1985, p. 110).

Existe poca información sobre este edificio, un poco alejado del Art Nouveau y fuera del centro de las obras de Guimard en la zona de París, concentradas casi todas en el 16e. Por lo tanto no me esperaba tener un flechazo, pero tampoco pensaba tener un tal dolor en el alma, viendo la villa completamente abandonada, invadida por la vegetación que, además está desmantelando la cerca, las puertas con grafitis y los vidrios rotos. Todo el conjunto inspira tristeza y confieso que las lagrimas se me vinieron a los ojos.
Cuando regresé a mi casa fui a verificar si el edificio estaba protegido por la ley de Patrimonio, y así es, desde 1975,como lo atestigua el sitio Mérimée del Ministerio de la Cultura. De paso, podrán ver las fotos del lugar tomadas en 1992 y ver la diferencia con el estado actual.
Compré hace poco el libro Guimard Perdu, histoire d'une méprise, (Lyonnet, Dupont et Sully-Jaumes, Editions Alternatives, Paris, 2003). Los autores indican, paginas 11 y 12 que de los 53 proyectos de Guimard, 26 han desaparecido, es decir casi un 50¨%! Pensaba este funesto proceso terminado y que las construcciones del arquitecto estaban preservadas (aunque cuando veo el estado de algunas partes del 122, avenue Mozart -del cual hablaré uno de estos días- tengo dudas) .
Les dejo observar la amplitud del desastre en las fotos más arriba y me doy por tarea contactar el Servicio del Patrimonio del Ministerio de la Cultura afín de informarle del estado del lugar e incitarlos a reaccionar.