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samedi 22 avril 2023

Gentil et Bourdet et Art Nouveau à Toulouse : 6, rue de Rennes, architecte et date inconnu.es - 22, rue du Languedoc, Architecte Eugène Curvale et Sculpteur Toures (1901) et l'Immeuble dit de La Dépêche du Midi 1932, architecte Léon Jaussely (1932)

En septembre 2022, je me suis rendue à Toulouse, pour la première fois. J'y ai découvert un Art Nouveau très présent et original. Souvent, il se cache parmi différents éléments de façades éclectiques. 

L'exemple célèbre de céramiques Gentil&Bourdet, dans cette ville, est la superbe façade d'un immeuble Art Déco, qui fut longtemps le siège de la Dépêche du Midi.


Les autres exemples sont beaucoup moins spectaculaires, bien qu'intéressants, car ils sont le témoignage de l'activité de la fabrique boulonnaise, dans le sud, à Toulouse, comme dans d'autres villes que j'ai déjà mentionnées, dans d'autres articles.

Mon guide, lors de ma visite, a été le numéro 60 de la revue "Le Patrimoine: histoire, culture et création d'Occitanie" sur le "Surprenant Art Nouveau"

 6, rue de Rennes

Repéré par un simple photo dans la magazine ci-dessus, sur laquelle j'ai immédiatement reconnu les motifs G&B. 
Il s'agit d'une petite construction en briques,, avec quelques éléments sculptés en pierre blanche, dont la façade est réhaussée par des éléments en grès bleu qui reprennent le couleur de la porte d'entrée, qui présente de discrètes lignes arrondies.


Les céramiques se situent au dessus de la porte, et forment également une frise qui court sous le toit.



Elles se trouvent toutes dans leur catalogue: "Manuel d'application des grès Gentil et Bourdet".




22, rue du Languedoc, Architecte Eugène Curvale et Sculpteur Toures (1901)

La rue de Languedoc présente plusieurs immeubles avec des éléments Art Nouveau. Celui-ci, même si de facture plutôt classique, a des décorations Art Nouveau sculptées et en céramique.




Un s'agit de plaques posées en frise entre les fenêtres du dernier étage, de colonnettes balustrade en forme de bouton de pavot, motif G&B très utilisé dans différents édifices et d'autres petits ouvrages, de style cabochons, en grès. Tous présents dans leur catalogue.



samedi 6 août 2022

Quelques éléments Art Nouveau et des céramiques Gentil et Bourdet à Narbonne. Architecte L. Pivert

Je ne suis pas allée à Narbonne en raison de la présence de l'Art Nouveau. Heureusement, car j'aurais été très déçue puisqu'il y est inexistant en tant que tel. 

Il y a quelques années, j'avais publié un petit article sur Les Halles, œuvre de l'architecte Leopold Carlier (que j'ai aussi mentionné pour l'hôtel Pams de Perpignan) et du constructeur de Marseille, André Gabelle, en spécifiant qu'il ne s'agissait pas d'Art Nouveau, mais d'architecte métallique, 1900.

Cependant, lors de ma visite, j'en ai trouvé quelques éléments sur de rares constructions et repéré également des céramiques Gentil et Bourdet, dont je suis peu à peu devenue "experte".

En cherchant sur Internet, j'ai trouvé la mention d'un mémoire de maitrise, présenté en 2003, sur quatre immeubles "Art Nouveau", rue des Fossés. Ce que j'avais pu voir sur Google Map, ne m'avait guère convaincue. Effectivement, il s'agit de constructions avec quelques éléments appartenant à ce style, dont une seule s'en rapproche par un assez grand nombre d'éléments, sans que pour autant il puisse être question d'une villa "Art Nouveau" à proprement parler. C'est comme si l'architecte, L. Pivert, avait glané  de-ci de-là quelques éléments en les réunissant sur une façade plutôt chargée par différents motifs, que l'on peut qualifier d'éclectique bien plus que d'Art Nouveau. 

L'utilisation de différentes matériaux sur la façade, comme la pierre blanche, la brique rouge et bleue émaillée, ainsi que des céramiques colorées, avec des huisseries peintes en bleu turquoise, lui donne une impression de lourdeur et un côté ostentatoire, propre de bien des villas bourgeoises du début du XXe siècle. 

Le bow-window qui soutien un balcon, est orné de motifs végétaux, mais bien trop massifs et peu représentatifs. 

La porte sur le côté droit, en bois sculpté, a quelques éléments en fer forgé, vaguement en volute. L'encadrement présente un cadre rectiligne avec un légère sculpture en accolade. Une plaque émaillée turquoise avec le nom de la villa "Le Refuge", aurait pu sauver l'ensemble avec des éléments fleuries, mais ce n'est pas le cas.

Seules les fenêtres de l'étage avec un élément sculpté en accolade essaient de nous indiquer qu'il y a eu un essai, pas très réussi, d'intégrer quelques éléments Art Nouveau.




Quant aux céramiques aux tons criards, rien ne permet de les rattacher à ce style. Le tout est une sorte de pastiche coloré, sans grand intérêt.
Les autres villas, présentent pour deux d'entre elles, une frise de céramiques qui pourraient être rattachées au style Art Nouveau et pour la troisième des éléments en arc-de-cercle au-dessus des fenêtres. Le tout est bien décevant.


En remontant vers la gare, sur mon chemin, j'ai trouvé deux autres villas qui m'ont semblée bien plus sympathiques, même si, pour elles aussi, il est difficile de les considérées comme "Art Nouveau".

La première est également de l'architecte L. Pivert, dont je n'ai trouvé aucune information en ligne. Ce sont des éléments céramiques qui ont attiré mon regard et, vérification faite avec leur catalogue, "bingo", il s'agit bien de Gentil&Bourdet.


Située à l'angle de la rue Romain et du Boulevard Marcel Sembat, C'est une bâtisse ocrée, avec quelques éléments céramiques. Celles que j'ai reconnues sont les tesselles au-dessus des fenêtres qui représentent un escargot et des feuilles.



Mais, il y a également les plaques avec le nom de l'architecte, ainsi que le nom de la villa, dont le style m'est maintenant aisément reconnaissable. 





La deuxième est probablement celle qui présente les éléments les plus caractéristiques de l'Art Nouveau, même si elle n'est pas de ce style, dans son ensemble.
Elle est sur une petite rue de l'Ancienne Porte Neuve (bel oxymore!), avec une façade en pierres taillées en losanges, la porte et les grilles des soupiraux avec quelques "coups de fouet", ainsi que la sonnette, méritent le détour.




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Je vais inclure dans cet article, un immeuble Art Déco, mais dont le décor céramique est à la fois original, intéressant et sans quasiment aucun doute, l'œuvre de Gentil & Bourdet, par leur décor en fleurs bleus, extrêmement fréquent. 
Il se trouve sur une grande artère de la ville, au numéro 27 du boulevard Charles de Gaulle. L'architecte est de Narbonne et il a participé à la construction d'autres édifices et monuments Art Déco de la ville et de la région.  


dimanche 11 avril 2021

Immeuble de rapport et commerces, 25 rue du Temple. Architectes : Edmond Herbé et Maurice Deffaux. 1922, céramiques Gentil et Bourdet-Reims

Au début de l'été 2019, je suis retournée à Reims, sous prétexte de suivre une visite guidée Art Déco, que j'ai très vite abandonnée, tellement elle était loin de ma conception d'une visite agréable et intéressante. Cela ne m'a guère chagrinée car mon objectif principal était de voir toutes les façades avec des céramiques Gentil et Bourdet que j'avais repérées grâce à leur site (malheureusement inaccessible depuis plus d'un an) et peut-être d'en découvrir de nouvelles.
Je ne pense pas avoir vu autant d'exemples en quelques heures. Lors de sa reconstruction, après que la ville a été détruite à près de 70%, pendant la Première Guerre Mondiale, les céramiques Gentil et Bourdet ont été abondamment utilisées. Tellement nombreuses que je ne pense pas les avoir toutes vues, même si j'en ai trouvé qui n'était pas cataloguées et que j'en ai découvert également d'autres qui leurs sont attribuées sur Internet, ailleurs que sur leur site. J'avais prévu de sillonner la ville de haut en bas, mais le mauvais accueil reçu (il y a eu la guide, mais aussi celui dans les restaurants ou terrasses où -est-ce le fait d'être une femme seule?- je me suis littéralement sentie persona non grata ou totalement ignorée), ne m'a pas donné envie d'y rester longtemps. J'ai même avancé l'heure de mon retour. Je n'ai pas souvenir d'avoir eu une aussi mauvaise impression, dans une ville, lors d'un de mes paseos. Heureusement, la beauté des céramiques architecturales l'a largement compensée.
Mon malaise a été tel, que j'ai commencé cet article il y a deux ans, avec beaucoup de mal à l'écrire. De fait, l'idée au départ avait été de publier toutes mes trouvailles mais j'en suis encore incapable. J'ai donc décidé de publier ce que j'ai écrit sur un des édifices à la fois le plus connu et qui m'a énormément intéressée. 




 

Situé juste en face des Halles du Boulingrin, il s'agit d'un magnifique ensemble architectural dont le rez-de-chaussée est totalement recouvert de céramiques blanches, bleues et dorées, avec des détails ajourés, aquatiques et floraux.
L'immeuble est constitué de deux édifices reliés par un porche qui, bien que dans un même style oscillant entre Art Nouveau et Art Déco, avec des éléments d'inspiration mauresque, sont différents. le tout, tristement en plutôt mauvais état. Au minima, un ravalement des façades est nécessaire. Par ailleurs, les panneaux des restaurants s'y trouvant, tendent à enlaidir l'ensemble. 
La partie de droite compte le plus d'étages , avec deux travées latérales et des cheminées crénelées, alors que celle de gauche (dont le rez-de-chaussée est malheureusement défiguré par les enseignes d'un restaurant) est plus simple.
Dans le décor céramique, nous retrouvons des éléments bien connus de Gentil et Bourdet, comme les tonalités de bleu et les fleurs faites de pastilles blanches et bleues dans l'entourage des portes, dont certaines semblent reproduire un motif aquatique. Ce motif m'a rappelé celui de la piscine Saint Georges à Rennes, également de Gentil et Bourdet, mais encore plus celui de la façade du siège des Eaux Minérales Vals dont les céramiques sont le seul exemple à Paris, rue de Londres, de la manufacture Fourmaintraux et Delassus de Desvres.

                                           
Le haut ajouré des portes d'entrées ainsi que les auvents en béton recouverts de céramiques, apportent un petit air mauresque à l'ensemble, style dont il existe au moins un exemple avec des créations Gentil et Bourdet, à Paris, rue Boileau. 




Hôtel particulier, Richard et Audiger architectes, 
rue Boileau, Paris 16e


Le nom des céramistes est clairement indiqué au-dessus d'une des portes d'entrées. 


L'ensemble devait comporter, à l'origine, une partie commerciale ainsi que des logements sur  la rue et une fromagerie, côté cour, propriété de Boscher, le commanditaire de l'ensemble, Adolphe Prost, architecte collaborateur d´Herbé serait à l'origine du projet. 
En plus des céramiques qui recouvrent les façades du rez-de-chaussée, il y a d'autres éléments décoratifs intéressant comme des ferronneries typiquement Art Déco, dont d'originaux supports de pots à fleurs aux extrémités des balcons ainsi que des guirlandes fleuries sculptées dans la pierre.