mardi 7 avril 2026

Immeubles d'Aloys Walter, quartier du Neustadt, Strasbourg.

Cela faisait plus de dix ans que je n'étais pas retournée à Strasbourg, l'une des villes où je me suis  rendue plusieurs fois au tout début de ce blog et sur laquelle j'ai écrit plus de dix articles concernant l'Art nouveau, qui y est très présent

Cette fois-ci, je logeais dans une partie du quartier Neustadt où je ne m'étais que peu aventurée. J'y ai découvert l'œuvre d'Aloys Walter, qui n'est quasiment pas mentionnée au détriment d'architectes plus prestigieux comme Lütke et Backes ou Kuder et Müller. En fait, nos chemins s'étaient déjà croisés rue Sleidan, avec un immeuble qui porte des éléments propres à son style architectural: un oriel central surmonté d'une prolongation faîtière arrondie et ornée de céramiques. 

J'ai pu découvrir plusieurs immeubles répartis principalement sur trois axes: les rues Charles Grad, Edouard Teutsch et Oberlin. Pour chacun d'entre eux, son nom figure sur la façade accompagné de celui de l'entrepreneur Rudolf Stecher.  

Il travaillera dans ce quartier pour des commanditaires affiliés à la Poste centrale dont trois feront construire dans la rue Charles Grad. 

Maison Martin Schichtel, 1905-1906

Au n°14, se trouve cet immeuble conçu par l'architecte pour Martin Schichtel, Oberpost Assistant à la Direction des postes. C'est celui qui m'a semblé le plus fascinant, mêlant architecture historiciste avec des éléments clairement Art nouveau. Contrairement à une quasi constante chez l'architecte, la porte d'entrée ne se trouve pas au pied de l'oriel central, mais est décalée sur la gauche, sous deux fenêtres aux vitraux colorés. Autre différence, l'oriel n'est pas couronné par une structure ornée de céramiques, mais se termine par un balcon avec une tourelle décalée. 

                                         


L'Art nouveau est essentiellement présent par les riches sculptures qui ponctuent la façade, parfois avec des éléments régionaux comme les bretzels sous les fenêtres du 4e étage.


Mais, surtout avec ces magnifiques iris qui semblent s'élancer ver un visage barbu,


Ou encore, ce beau visage féminin.
 

D'autres représentations correspondent davantage au style historiciste, comme le chérubin sur le premier niveau de l'oriel, ou les visages d'un enfant et d'un vieillard sous les fenêtres.















Maison Berthold Runtschke, 1904-1905

Le premier édifice de l'architecte que j'ai remarqué dans la rue a été le n°11, grâce à la frise de carreaux en céramique avec un motif de fleurs blanches qui souligne les fenêtres jumelles du premier étage. Ainsi que par la porte d'entrée, surmonté par une ouverture avec une sorte de coiffe ogivale. 








Les balcons légèrement cintrés ont des balustrades avec une décoration de style géométrique en arc-de-cercle.


Toujours dans la même rue, au n°8, l'immeuble a été commandé par un autre Oberpost Assistant. Il est orné de plaques en céramique et l'oriel termine en un dôme souligné également par un décor fleuri en terres cuites émaillées.


La porte d'entrée, en bois clair et ornée de verres structurés, est placée entre les deux axes centraux, dans une travée feinte.


Maison Borchert, 2 rue Edouard Teutsch, 1903-1904

Cet édifice m'a tout de suite séduite, notamment par sa couleur bleue soulignée par des bandes en briques jaunes, bien sûr les céramiques fleuries mais également les masques grimaçants, que j'avais déjà vus sur d'autres immeubles strasbourgeois. 




Cet immeuble a deux façades, sur deux axes différents, aux ouvertures distribuées sur quatre travées avec un balcon à chaque étage pour la deuxième travée. Seul un des balcons à une balustre en pierre, à l'étage dit "noble". 

Entre les deux rues, l'angle à pan coupé est orné d'un oriel à trois étages. Les ouvertures sont soulignées par deux bandes en briques jaunes verticales. 

La porte d'entrée se trouve rue Edouard Teutsch, elle est plutôt discrète.


Maison Borchert, 34, rue Oberlin, 1904-1905

Certainement l'immeuble le plus intéressant de cet architecte. Le commanditaire est le même que le précédent: Borchert, fonctionnaire à la Direction de la Poste.

Il s'agit également d'un immeuble d'angle, avec deux façades, donnant sur deux axes différents, ornées chacune d'un oriel couronné d'une tourelle coiffée d'un bulbe polygonal.



Les fenêtres des oriels sont ornées de vitraux avec des motifs floraux et des arabesques œuvre de Wilhelm Schell.


Nous y retrouvons également le décor céramique présent dans l'édifice précédent.


Mais c'est le rez-de-chaussée qui est le plus intéressant avec éléments totalement dans le style Art Nouveau, notamment en ce qui concerne les huisseries des vitrines de magasin, la porte d'entrée et le travail de la pierre.