samedi 28 juillet 2018

Brasserie La Cigale, 4 Place Graslin, Nantes. architecte-céramiste Émile Libaudière, 1894/85.



Jeudi, j'ai visité Nantes par une chaleur accablante. Arrivée très tôt le matin, par le train, j'ai décidé de prendre mon petit-déjeuner à La Cigale, célèbre brasserie, dont  le nom est dû à l’emblématique insecte qui scande la décoration tel un leitmotiv. Essentiellement décliné dans le décor céramique omniprésent, il se retrouve également reproduit sur les tapisseries (aujourd'hui vieillottes) qui recouvrent les murs de la salle du fond, ainsi qu'en fer, pour la pendule qui se dresse sur le comptoir. 


 


Avant ma visite, j'imaginais le lieu comme assez similaire au niveau de l'ambiance, de la distribution et de la décoration, à la brasserie parisienne Mollard, notamment parce que les faïences proviennent dans les deux cas de la Manufacture de Sarreguemines en Moselle. Ici, les motifs ont été dessinés et peints à l’aquarelle par Libaudière lui-même Cette ressemblance mise à part, je ne m'y suis pas retrouvée. Pas de grande salle, mais une suite de 4 petites salles organisées en forme de L. La décoration, fort éclectique, varie de l'une à l'autre. Les boiseries très présentes, ainsi que les décors en stuc, autrefois dorés et aujourd’hui très ternes, assombrissent le tout.  J'avoue avoir été déçue car, même si très fréquenté par les touristes, j'ai trouvé le lieu sans âme et vieillissant mal. La répétition du motif de La Cigale "à tutu de danseuse", m'a paru très naïf et trop omniprésent.

La première salle, plutôt sombre, qui donne directement sur la place, est recouverte en grande partie de grands miroirs encadrés par un décor assez lourd, fait de boiseries et de stuc. Seules les décorations en céramiques et les vitraux présentent un petit rappel à l'Art Nouveau. Avec quelques représentations en mosaïques où se répète le mot "cicada", c'est à dire, cigale en latin. Au plafond et sur les murs, des peintures sont l'oeuvre d'un artiste local, Georges Levreau et auraient grand besoin d'un rafraîchissement, elles aussi, pour retrouver leurs couleurs d'antan.





La deuxième salle a les murs et le plafond recouverts de peintures, avec quelques éléments céramiques. La porte qui donne sur la troisième salle présente un entourage entièrement recouvert de céramiques, avec un médaillon en plâtre patiné, représentant un visage féminin, que l'on retrouve dans différents points du restaurant, ainsi qu'une représentation de paons, très emblématique de l'Art Nouveau, que se répète plusieurs fois dans l'ensemble de la brasserie.


La salle suivante est celle que j'ai choisie pour m'installer, devant le comptoir où je pouvais observer  la sculpture en plâtre patiné surmontant la porte des cuisines, qui représente Pierrot et Colombine, sur un fond de demi-lune en tesselles de mosaïques dorées, ici aussi fort ternes. L'ensemble est l'oeuvre du sculpteur  Emile Gaucher tout comme la cariatide qui se dresse, incongrue, à leur côté. De ce poste d’observation, j'ai pou également admiré la grande représentation féminine en céramique, ainsi que que l'encadrement de porte, avec son défilé de cigales, s'ouvrant sur la quatrième et dernière salle, et bien d'autres détails en céramique.





La dernière salle, reprend les jeux de miroirs et boiseries de la première. Ses murs sont recouverts de tapisseries dans les tons bruns, forts sombres et vieillot, avec, le motif de la Cigale. Les fenêtres sont surmontées par des vitraux et décorées par un entourage en céramique blanc. 



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