lundi 18 juillet 2016

Art Nouveau et Champagne 1: Villa Demoiselle (anciennement Villa Cochet),1904/08 - architecte Louis Sorel

Un petit voyage rapide samedi dernier à Reims, m'a permis de découvrir ce petit bijou Art Nouveau (très) restauré qu'est la Villa Demoiselle, ainsi que d'autres exemples éparpillés dans la ville.
Ma destination première étant la Villa Demoiselle, c'est ici où je me suis attardée, en profitant de la possibilité de visite libre et de faire autant de photos que je voulais aussi bien de l'extérieur (depuis les jardins) que de l'intérieur. Pratiquement tout le temps seule, ne croisant que par moments le groupe de la visite guidée, je me suis réellement régalée, allant de découverte en découverte.
Les intérieurs Art Nouveau conservés et ouverts au public sont rares en France. J'ai déjà mentionné l'Hôtel Bouctot-Vagniez à Amiens, dont le rez-de-chaussée est accessible grâce à des visites guidées. Aujourd'hui, je vous emmène avec moi faire la visite de cette nouvelle demeure.
En faisant la visite à l'envers de celle que j'ai réalisé dimanche, nous partirons de l'extérieur pour aller vers l'intérieur de cette villa qui, d'une certaine manière, a un petit côté château de la Belle au Bois Dormant, avec ces petites tourelles et toits pointus. Bâtie en béton avec un charpente en métal par l'architecture Luis Sorel commanditée en 1890, par Henry Vasnier de la Maison Pommery, mécène et amateur d'art. Celui-ci meurt un an avant que les travaux ne terminent. Elle est reprise par Louis Cochet, nouveau directeur du Domaine Pommery, qui lui donnera son nom. 
Habitée jusqu'en 1970, elle est ensuite abandonnée, puis placée sous la protection de la ville de Reims en 1999. En 2004, Les Vranken la reprennent et décident de la restaurer faisant appel à de nombreux artisans, comme cela était le cas à la Belle Epoque. Ils redonnent ainsi vie à la demeure et nous permettent aujourd'hui de visiter une villa Art Nouveau, avec son intérieur, comme neuve! 
L'entrée actuelle se situe au niveau de la façade arrière de la villa. 















Un petit pont avec une rambarde en bois vert mène jusqu'à une pergola sur laquelle s'ouvrent les fenêtre de la salle-à-manger. 


La villa est flanquée de tourelles latérales, certaines ornées de balcons (avec balustrades en bois vert) que souligne un décor en céramique, (représentant des grappes de raisin et des feuilles de vigne) qui court tout au long de la façade, en son milieu,  ainsi que  sous les toitures (décor géométrique). 




L'entrée principale est recouverte par une belle marquise et flanquée sur le côté par une tourelle qui abrite l'escalier d'accès aux étages et au sous-sol, dont la porte est, elle aussi, protégée par une marquise.




Les bordures de chaque fenêtre sont soulignées par un dessin géométrique de mosaïques vertes.


La visite de la Villa commence par le sous-sol auquel on accède par un kiosque en bois et verre, qui sert d'accueil, ainsi que de salle de dégustation et de vente. A la fin de chaque visite, une coupe de champagne est offerte.


Le passage par le cellier permet d'apprécier des photos du bâtiment avant restauration qui ont permis de reconstituer bien des élèments, comme les peintures murales. Ainsi que des flacons et bouchons de l'époque, dont la fameuse libellule (ou demoiselle) qui a donné son nom au champagne et à la Villa.







Plutôt que faire une visite pièce par pièce, j'ai choisi de présenter les différents éléments ornementaux de l'intérieur de la villa, rubrique par rubrique, en commençant par:

les peintures murales: réalisées au pochoir, créées par Félix Aubert, un des cinq intégrants du groupe français "L'art en tout". Elles ont été restaurées par l'Atelier Hadacek. Elles représentent des motifs végétaux (parfois très géométriques), dont la vigne, déjà omniprésente sur la décoration céramique de la façade.






Les décors céramiques:  les mosaïques réalisées en grès dans les tonalités jaune et bleu, sont d'origine et recouvrent les sols du hall d'entrée et des autres pièces situées au même étage.


Ces céramiques, décorent les murs de la salle à manger.


Les vitraux: Ils sont l'oeuvre d'Auguste Labouret (qui a été, peut-être, à l'origine également des céramiques, car mosaïste, mais je n'ai retrouvé aucune référence dans ce sens). Ils ont été restaurés par l'Atelier Simon Marq. Très présents dans le hall, ils filtrent également et jouent avec la lumière de la montée d'escaliers.




 



 Les luminaires: A l'origine, ils seraient création de la maison Bagués. Ceux qui ont été réalisés pour la restauration sont oeuvre des Métalliers Champenois et  de la Cristallerie Saint-Louis, notamment le majestueux lustre de l'escalier créé à partir de la partie haute qui subsistait seulement. Ils sont en forme de goutte ou de globe.












Les boiseries: Elles sont l'oeuvre de Camille Lefèvre et de de Tony Selmerscheim. Celles de l'escalier sont magnifiquement ouvragées et celles des huisseries très délicates.






Les cheminées: J'ai une passion toute particulière pour les cheminées Art Nouveau. Les plus belles que j'ai pu voir à ce jour, se situent à Barcelone. Mais j'avoue avoir beaucoup appréciées celles de la Villa Demoiselle. Le chef-d'oeuvre principal est certainement la cheminée de Paul Alexandre Dumas qui orne le hall d'entrée. Réalisée en acajou et émail, elle a été présentée lors de l'Exposition de Paris 1900 et s'intègre parfaitement dans la décoration. Ornée d'ombellifères, c'est ce motif qui sera repris sur d'autres cheminées, ainsi que sur un meuble attribué à Majorelle.






Les meubles: La salle à manger contient les meubles d'origines, créés par Gallé.  Henry Vasnier l'avait commandée en 1891: la table (Tables aux herbes potagères) et le dressoir (Chemins d’automne) avaient été présentés au Salon du Champ de Mars en 1892 et en 1893. Cette salle à manger qui ne faisait pas partie du legs qu'il avait fait à la Ville de Reims. Elle est entrée dans ses collections en 2013 et 2014 et elle a retrouvé son emplacement d'origine.




Y est également exposé un comptoir de bar qui serait  l'oeuvre de Gallé et proviendrait de restaurant "Gandon-Fournier", aujourd'hui "Julien" ou de Majorelle et proviendrait du restaurant "Lucas-Carton". De part sa facture, je tendrais à penser que c'est plutôt une oeuvre de Gallé ... En tout cas, il s'intègre parfaitement avec le reste de l'ameublement de cette salle-à-manger.



 



D'autres meubles sont forts intéressants, comme cette console-jardinière décorée de très beaux grès d’Alexandre Bigot et ornée de globes lumineux.



Une console ornée d'ombellifères, des chaises, un lit et une armoire seraient l'oeuvre de Majorelle.





Vases Gallé: Dans une vitrine dont il est probablement également le créateur, sont exposés quelques vases Gallé, dont deux de toute beauté:  Henry Vasnier lui achète, à l’Exposition Universelle de 1900, une potiche au décor d’iris gravés, et un calice orné de raisins dorés et  et d'un pied violet.



Pour finir cet article, je dirais que je trouve dommage qu'il n'y ait pas un catalogue présentant la maison, sa restauration et les objets exposés, ni d'explications (autres que celles d'un guide) lors de la visite. J'ai passé des heures à faire des recherches sur différents sites et documents pour compiler les infos que je viens de présenter. Un travail que j'adore faire et que d'autres n'auront plus à faire en me lisant  tout en découvrant mes photos publiées ici.
Bonne visite!

vendredi 10 juin 2016

Rue Portaels 148, 150 - Schaerbeek - Bruxelles - architecte Emile Henri - 1921

Il y a de cela approximativement deux ans, je m'étais rendue à  Schaerbeek, pour visiter la Maison Autrique de Victor Horta. J'avais pu observer qu'il y avait dans le quartier des immeubles Art Nouveau fort intéressants. Je m'étais donc promis y retourner un jour. C'est ce que j'ai fait lundi dernier, alors que j'étais à Bruxelles pour quelques jours.
En arrivant en tram  par le boulevard Lambermont, mon regard a été attiré par cette maison au design très particulier. Oeuvre d' Emile Henri, un architecte qui a réalisé d'autres maisons dans cette commune, mais que je trouve moins intéressantes. Celle-ci est très amusante et d'une esthétique surprenante avec con pignon en cloche, dans un style qui me semble néerlandais.


Il s'agit d'un Art Nouveau tardif et éclectique, avec un petit air Art Déco. Le balcon notamment présente des éléments forts géométriques.


La maison a été récemment restaurée et elle est effectivement très belle ainsi. Je trouve cependant dommage que la porte d'entrée ait été remplacée, car celle d'origine, visible sur le site de l'Inventaire du Patrimoine Architectural de Bruxelles Capitale, avait bien des caractéristiques Art Nouveau, aujourd’hui disparues.


Sur ce même site, un plan de façade montre l'ensemble composé en fait de deux maisons, mais la deuxième n'a absolument pas retenu mon attention et je ne l'ai pas photographiée.


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Hace algo más de dos años, estuve en el barrio de Schaerbeek para visitar la Maison Autrique de Victor Horta. Esa vez pude observar que había en esa zona muchas construcciones Art Nouveau bastante interesantes, Me prometí regresar algún día y es lo que hice el lunes pasado, cuando estaba en Bruxelles por unos días.
Cuando llegué en tram al lugar, por el bulevar Lambermont, mi mirada fue atraída por esta casa de diseño particular. Obra de Emile Henri, un arquitecto que realizó otras casas en la zona, pero que no me parecen tan interesantes. Esta es divertida y de una estética sorprendente con su forma de campana, en un estilo que me parece neerlandés.
Se trata de un Art Nouveau, tardío y ecléctico, con un aire Art Deco. El balcón sobre todo tiene un diseño bastante geométrico.
La casa fue restaurada hace poco y efectivamente luce muy bella así. Sin embargo, me parece una lástima que la puerta de entrada haya sido sustituida, porque la de origen, visible en el sitio del inventario del Patrimoine Architectural de Bruxelles Capitale, tenía bellas características Art Nouveau, hoy desaparecidas.
En este mismo sitio, un plano de la fachada muestra el conjunto compuesto en realidad de dos casas, pero la segunda no me atrajo y ni siquiera la fotografié.

dimanche 29 mai 2016

Villa Hemsy, 3, rue de Crillon, Saint Cloud (Hauts de Seine) Hector Guimard - 1913




Ce n'est pas l’œuvre la plus intéressante de l’architecte car elle n'a pratiquement pas d’éléments Art Nouveau. Peut-être une volonté du commanditaire, dont il existe peu d'informations. La seule chambre ronde du premier étage aurait été une demande impérieuse de Mme Hemsy (cf. Hector Guimard de G. Vigne et F. Ferré, 2003).
L'unique inventivité réside en son toit ogival, surplombant la partie centrale en avancée. La structure en bois n'est pas sans rappeler celle du balcon du Chalet Blanc à Sèvres, ainsi que celui (aujourd'hui disparu) du Modern Castel de Garches, du même architecte, ou encore des villas de Suresnes d'André Chevalier.














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Hace ya 3 meses, en febrero, que fui a darme una vuelta por Saint Cloud, donde paso a menudo, para descubrir otra construcción de Guimard, cercana a mi domicilio.

La ventaja de hacer estas visitas en invierno, durante días soleados, es que la vegetación no cubre las fachadas. Aunque, en este caso, la casa tiene una cerca metálica y tomar fotos se me hizo difícil.

No es la obra más interesante del arquitecto puesto que prácticamente no tiene elementos Art Nouveau. Quizá fue por la voluntad del dueño, de lo cual no hay prácticamente información. La única recamara redonda del primer piso fue un pedido explícito de la señora Hemsy (cf. Hector Guimard de G. Vigne et F. Ferré, 2003).

La única originalidad es el techo ojival arriba de la parte central. La estructura de madera recuerda la del balcón del Chalet Blanc de Sèvres y el (hoy desaparecido) del Modern Castel de Garches, así como los de la casas de Suresnes de André Chevalier.